DSK: le scoop contesté du «New York Post»

Dominique Strauss-Kahn au Brésil en mars 2011. REUTERS/Ueslei Marcelino

  • DSK s'est installé dans un appartement de Manhattan en attendant la prochaine audience, libéré sous caution
  • Du sperme aurait été retrouvé sur les vêtements de son accusatrice

Le scoop contesté du «New York Post»

[New York Magazine/The New York Post/AFP] Le New York Magazine compare deux articles du New York Post et de l'AFP. Le quotidien américain, qui cite anonymement une proche de DSK, affirme en effet que des amis de l'ex-directeur général du FMI auraient proposé à la famille guinéenne de la victime présumée une somme «à sept chiffres» pour éteindre les poursuites. Or, un journaliste de l'AFP a voyagé jusqu'au village de la famille pour s'entendre dire que celle-ci n'était pas au courant de l'affaire, et n'avait que très rarement de ses nouvelles...

«N'annoncez pas que je suis candidat»

[L'Express] L'hebdomadaire publie une enquête détaillant «à quel point DSK préparait activement sa candidature» avant les évènements de New York. On y apprend qu'il avait composé une «équipe de choc» d'une trentaine de personnes et qu'il était désireux de s'inscrire dans le sillage symbolique de Mitterrand: Claude Bartolone lui aurait conseillé de déclarer sa candidature le 21 juin, pile trente ans après la victoire de la gauche aux législatives. A ses proches, il déclarait: «Ne faites rien qui puisse me porter préjudice, n'annoncez pas que je suis candidat, sinon je vais me faire virer du FMI.»

Le Monde et la mystérieuse note policière

[Le Monde] Le quotidien révèle que, ces derniers mois, «des proches de Nicolas Sarkozy avaient pris soin de laisser "fuiter"» auprès de lui «l'existence d'une note, rédigée peu avant la présidentielle de 2007, [...] signalant la présence de M. Strauss-Kahn, surpris en fâcheuse posture dans une voiture, à l'ouest de Paris, dans un haut lieu des rencontres tarifées, à l'occasion d'un banal contrôle». D'après le quotidien, «à l'époque des faits, il fut décidé, en haut lieu, de ne pas donner de suites à cette affaire sur le plan pénal – ou médiatique. 

Plus de détails sur le récit de l'agression

[Fox News] D'après Fox News, qui dit avoir obtenu ses informations de sources policières proches de l'enquête, DSK aurait dit à la femme de chambre «Tu sais qui je suis? Tu sais qui je suis?» en la maintenant à terre. Fox News raconte que la femme de chambre se serait couvert les yeux en apercevant Dominique Strauss-Kahn nu, qui se serait ensuite rué sur elle et l'aurait trainée vers sa chambre. Elle aurait réagi notamment en disant que son chef était dans le couloir –ce n'était pas le cas. Le site relate un échange entre les deux rapportés par des sources policières.

Elle aurait dit:

«S'il vous plait arrêtez. J'ai besoin de mon boulot, je ne peux pas perdre mon boulot, ne faites pas ça. Je vais perdre mon boulot s'il vous plait, s'il vous plait arrêtez! S'il vous plait arrêtez!»

Et il aurait répondu:

«Non bébé, ne t'inquiète pas, tu ne vas pas perdre ton emploi. S'il te plait bébé, ne t'inquiète pas. Tu ne sais donc pas qui je suis? Tu sais qui je suis?»

[The New York Times] Le site du New York Times a réalisé une infographie interactive qui reconstruit ce qui s'est passé dans la suite de Dominique Strauss-Kahn au Sofitel le samedi 14 mai, d'après le récit qu'en a fait Paul J. Browne, le porte-parole de la police new yorkaise. Le plan de la suite évolue étape par étape pour montrer le parcours qu'auraient eu DSK et la femme de chambre lors de l'altercation.

Pour les étapes précédentes de l'affaire DSK, voir lundi, le week-end du 21-22 mai, et tout notre dossier sur l'affaire DSK.

Du sperme aurait été retrouvé sur les vêtements de la femme de chambre

[Wall Street Journal] Le quotidien américain affirme que des responsables du maintien de l'ordre disent avoir trouvé du sperme appartenant à Dominique Strauss-Kahn sur la chemise de la femme de chambre l'accusant de l'avoir agressée sexuellement (le sperme a été testé avec un échantillon d'ADN fourni par DSK).

Le journal explique également avoir davantage de détails sur les moments ayant suivi l'agression supposée, grâce aux récits de témoins à la police. D'après une source policière, des employés de l'hôtel ont trouvé la femme de chambre recroquevillée dans le couloir de l'étage. Pendant qu'ils la consolaient, DSK serait sorti de sa suite pour aller prendre l'ascenseur et aurait croisé son regard.

[Great America] Sur leur blog, les correspondants de Libération à Washington et à New York rapportent les propos d'un avocat expliquant que «si tout cela est confirmé, cela signifierait pour l'instant qu'il y a bien eu rapport sexuel entre les deux ou au moins tentative de rapport sexuel, mais rien dans ce qui est dit ne montre l'usage de la force. En clair, à ce stade, la défense peut toujours plaider le rapport consensuel [sic] si elle le désire». C'est une possibilité à envisager puisque les avocats de DSK avaient lors d'une audience assuré que les éléments médico-légaux n'étaient «pas cohérents avec une relation forcée».

Si le porte-parole de la police new yorkaise a refusé de commenter, le blog note qu'il s'en est pris à Atlantico, qui avait assuré que le NYPD avait transmis dimanche aux autorités françaises les résultats des tests ADN:

«Cette information d'Atlantico est totalement et absolument fausse, c'est absurde d'assurer que nous avions transmis ces tests à la France dimanche. Tout simplement parce que nous ne disposions pas de ces résultats dimanche.»