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Foot colombien: c'était mieux du temps des cartels de drogue

Temps de lecture : 2 min

Republic of Ireland 1 v Colombia 0 - Jeudi 29 mai 2008 via FlickR law_keven licence CC By-SA 2.0
Republic of Ireland 1 v Colombia 0 - Jeudi 29 mai 2008 via FlickR law_keven licence CC By-SA 2.0

Les cartels, c’était le bon vieux temps pour les footballeurs colombiens, selon The Economist. Le magazine britannique met un carton rouge à ces joueurs dont l’équipe nationale n’accède pas à la Coupe du monde depuis 1998. En 1991, on comptait plus de 15.000 fans par match de foot alors que l’année dernière il y en avait à peine plus de 8.000.

En cause, le manque de fonds pour le sport depuis que la Colombie n’est plus contrôlée par les narcotraficants. L’hebdomadaire rappelle que pendant les années 1980 et 1990, les chefs des gangs de drogue investissaient librement dans le football. Le célèbre trafiquant Pablo Escobar était propriétaire de l’Atlético Nacional, le club Millonarios appartenait à son rival José Gonzalez Rodriguez Gacha et le cartel de Cali des frères Rodriguez Orejuela avait des parts dans le club América de Cali.

Grâce à l’argent sale, les équipes pouvaient offrir des salaires astronomiques à leurs joueurs et attirer des stars du ballon rond, comme les Argentins Julio César Falcioni et Ricardo Gareca. Selon Rafael Arias, secrétaire général de Dimayor (l’entité dirigeante de l’équipe nationale), les fonds faciles reçus des narcotraficants encourageaient les clubs à dépenser sans compter. Résultat: des dettes considérables quand l’argent de la drogue a arrêté d’entrer.

Trois équipes ont été suspendues par l’Institut colombien des sports Coldeportes car elles ne pouvaient plus rembourser leurs dettes ou payer leurs joueurs: Deportes Quindio, Once Caldas et América de Cali, rapporte l’agence EFE.

Dernière en date, América de Cali doit dix mois d’arriérés de paiement à ses footballeurs. L’équipe avait gagné cinq titres consécutifs dans les années 1980, et avait été inscrite pendant douze ans sur la liste des groupes les plus liés à la drogue par le Trésor américain, signale The Economist.

En plus de l’état de leurs finances, les clubs doivent encore se soucier de leur image. Au lieu de laver leur réputation, certaines équipes continuent de blanchir l’argent de la drogue. Notamment l’équipe de Santa Fé qui aurait travaillé de pair avec le cartel de Norte del Valle dirigé par un des plus grands narcotrafiquants du pays, Daniel Barrera, raconte le quotidien salvadorien El Mundo. Le scandale, révélé en octobre, aurait concerné le blanchiment de 161 millions de dollars selon The Economist.

Le président actuel Juan Manuel Santos est un grand fan de l’équipe de Santa Fé. Le 12 mai dernier, il a fait passer une loi par laquelle les clubs de football colombien sont incitées à devenir des sociétés à responsabilité limitée pour attirer de nouveaux investisseurs. Chaque actionnaire devra prouver l’origine des fonds investis au ministère des Finances (au département chargé du blanchiment d’argent), et si une équipe a plus de 60 jours d’arriérés de paiement, elle ne sera pas autorisée à jouer.


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