Culture

Les hommes ne veulent pas parler aux thérapeutes femmes

Temps de lecture : 2 min

Dr. JoAnn Deak's talk on girls brains and learning - my notes, arvindgrover via Flickr
Dr. JoAnn Deak's talk on girls brains and learning - my notes, arvindgrover via Flickr

«Si vos efforts pour convaincre votre père/copain/frère à aller voir quelqu'un sont vains, c'est peut-être parce que l'homme en question a des problèmes avec les femmes. Peut-être qu'il devrait voir quelqu'un pour régler ce problème. Si seulement il pouvait...», lit-on sur Gawker. Le blog américain cite une étude que le psychologue Ronald F. Levant a mené sur 266 étudiants universitaires: la plupart des hommes ne veulent consulter un thérapeute que si ils peuvent s'entretenir sur des sujets masculins avec lui.

Or depuis plusieurs années, le domaine de la santé mentale connaît une «féminisation» importante, rapporte le New York Times.

Un problème pour un vaste groupe de patients: la plupart des hommes, qui souhaitent suivre une thérapie mais préfèrent commencer avec un thérapeute homme. Ce n'est pas la qualité de la thérapie qui est remise en question, un bon thérapeute est un bon thérapeute, qu'il soit homme ou femme. Parfois, partager des expériences peut même constituer un obstacle: les thérapeutes mettent souvent en garde leurs futurs collègues contre l'idée qu'ils auraient une perception spéciale d'un patient parce qu'ils ont quelque chose en commun avec lui.

Tout de même, la perception est un élément très important lors d'un premier rendez-vous avec un thérapeute, comme le montre dans son étude Ronald F. Levant. Et les thérapeutes hommes et leurs patients masculins affirment qu'il y a certains sujets –au début du moins– qu'il est plus facile d'aborder avec une personne du même sexe.

La sexualité par exemple. Certains hommes ont bien moins honte de parler de leurs aventures avec un autre homme. Mais aussi l'agressivité. Beaucoup d'hommes grandissent dans un environnement violent, qu'il soit physique ou verbal.

Dans son étude, Ronald F. Levant a demandé aux hommes d'écrire une des choses dont ils ont eu le plus honte dans leur vie, et qu'ils ont toujours du mal à admettre. «J'avais des résultats du genre: "J'ai déclaré forfait pendant une bagarre au collège", raconte le psychologue, venant d'hommes mariés, sur la cinquantaine.»

Traditionnellement, la psychologie était une profession masculine. D'après l'American Psychological Association, en 1975, les hommes possédaient 70% des PHD en psychologie aux Etats-Unis. En 2008, ils n'en détenaient plus que 30%. La psychologie n'est pas la seule profession à connaître un processus de féminisation –le droit et l'éducation connaissent le même phénomène– mais il semblerait que c'est dans ce domaine que le déséquilibre atteint des extrêmes.

Slate.fr

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