Monde

La révolte des «ni ni» en Espagne

Temps de lecture : 2 min

 «Manifestacion 15 M (2)», par RinzeWind licence CC-Licence-by

Le cinquième jour de manifestation des «indignés» espagnols a commencé sous la pluie jeudi, malgré une tentative d’interdiction à Madrid, apprend-on de l’agence EFE.

Depuis dimanche, des milliers de manifestants se réunissent dans les rues de plus de cinquante villes ibères pour protester contre la classe politique corrompue, raconte le quotidien El Pais. Particulièrement visés: le PSOE, Parti socialiste dirigeant, et son principal adversaire de droite, le Parti populaire (PP).

C’est une association créée il y a à peine quelques mois, Democracia Ya («démocratie maintenant»), qui a appelé au mouvement social. Son objectif, un «vote responsable» aux élections municipales et aux communautés autonomes du 22 mai prochain. Non pas l’abstention ou le vote blanc, mais un choix autre que PSOE, PP ou Convergencia i Unio (le parti centre droit catalan). «Sans ton vote, ils ne sont rien», expliquent les organisateurs de la révolte sur le site nolesvotes.com.

Mercredi, la commission électorale madrilène avait tenté d’interdire un nouveau rassemblement dans la capitale, en estimant qu’il risquait «de perturber la campagne électorale». Les protestations continuent pourtant de plus belle, comme le rapporte le quotidien El Dia.

Le mouvement «15 M» (pour 15 mai, jour des premières protestations) réunissait à l’origine principalement les jeunes révoltés contre la situation économique espagnole (plus de 43% de chômage pour les moins de 30 ans). A peine entrés dans l'univers professionnel, beaucoup d'entre eux se définissent comme des «ni ni» (ni étudiant, ni travailleur) ou encore des «mileuristas» (gagnant mille euros par mois).

Mais la jeunesse a progressivement été rejointe par des groupes plus variés, rapporte El Pais. A Madrid, sur la place de la Puerta del Sol, le berceau de la révolte, beaucoup de personnes plus âgées ont rejoint les protestataires. Ces nouveaux venus ont entendu parler des manifestations par les «canaux de communication traditionnels» et non par internet, contrairement aux premiers manifestants réunis notamment grâce à Twitter (avec les hashtags #spanishrevolution #nopasaran et #acampadasol).

Le «15 M» inquiète particulièrement le parti majoritaire, selon El Pais: le PSOE considère que parmi les manifestants, il y a surtout de potentiels électeurs de gauche. L’AFP rapporte de faibles réactions socialistes, bien que la ministre Trinidad Jimenez ait affirmé que les politiques doivent tenter de «répondre» au malaise et que l'expression démocratique des manifestants est «saine».

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