Monde

Guéant évoque un retour de DSK en France s'il était condamné

Slate.fr, mis à jour le 22.05.2011 à 17 h 49

Dominique Strauss-Kahn, au tribunal le 16 mai 2011. REUTERS/Shannon Stapleton

Dominique Strauss-Kahn, au tribunal le 16 mai 2011. REUTERS/Shannon Stapleton

  • DSK a été libéré vendredi soir de la prison de Rikers Island et s'est installé dans un appartement de Manhattan 
  • Jeudi, la Cour suprême de New York avait annoncé sa libération sous caution
  • Il a été formellement inculpé

Guéant et la peine éventuelle de DSK

[Europe 1/AFP] Invité du Grand Rendez-vous Europe 1/Le Parisien, le ministre de l'Intérieur Claude Guéant a affirmé que, dans l'hypothèse où DSK serait condamné, le gouvernement français «appuierait sa demande» s'il souhaitait venir purger sa peine en France. Tout en rappelant la présomption d'innocence, il a également appelé à ne pas oublier la victime présumée et a estimé que l'image de la France avait été «atteinte», avec une formule plus que contestable: «Trousser une domestique, ça me semble gravissime».

«A la fin, DSK sera acquitté»

[Haaretz] En déplacement à Jérusalem pour obligations familiales, l'avocat de DSK Benjamin Brafman s'est brièvement entretenu avec le quotidien israélien Haaretz. «Il plaidera non coupable et à la fin il sera acquitté», explique-t-il de son client, qu'il dit prêt pour un long combat. Le journal explique également que l'avocat «semble irrité par les articles des journaux français disant que l'ancien directeur général du FMI était un obsédé sexuel».

De nouveaux détails sur la réaction de la jeune femme

[The Daily Beast] Le site américain publie de nouveaux détails «exclusifs» sur l'attitude de la plaignante après l'agression sexuelle présumée. Selon des sources proches de l'enquête, la jeune femme, interrogée par un de ses supérieurs sur les faits, se serait rendue aux toilettes pour vomir, aurait craché à plusieurs reprises sur le sol et les murs de la suite et aurait exprimé ses craintes de perdre son emploi, au point d'hésiter à dénoncer les faits aux autorités.

Le point de vue de trois journalistes femmes

[Libération/Arrêt sur images] Sous le titre «Toutes les femmes journalistes n'ont pas été harcelées par DSK», trois journalistes qui ont couvert l'actualité du directeur général du FMI, Nathalie Raulin de Libération, Virginie Malingre du Monde et Nathalie Segaunes du Parisien, publient un point de vue dans Libération (article payant), dont Arrêt sur images reproduit des extraits. Elles y affirment que «prétendre qu'"on ne peut envoyer une femme seule interviewer" DSK est factuellement faux» et que «l'homme était dragueur, souvent un peu lourd» mais ne les a jamais «agressées» ni «menacées».

«Déferlement quotidien de propos misogynes»

[Le Monde] «Nous ne savons pas ce qui s'est passé à New York samedi 14 mai mais nous savons ce qui se passe en France depuis une semaine. Nous assistons à une fulgurante remontée à la surface de réflexes sexistes et réactionnaires, si prompts à surgir chez une partie des élites françaises»: c'est le constat que font les signataires d'une pétition contre le «déferlement quotidien de propos misogynes tenus par des personnalités publiques» qui «tendent à minimiser la gravité du viol». Initié par les collectifs Osez le féminisme, La Barbe et Paroles de femmes, le mouvement affirme avoir recueilli les signatures de personnalités comme Audrey Pulvar, Clémentine Autain ou Florence Foresti. 

Le New York Times tire le portrait d'Anne Sinclair

[The New York Times] Le quotidien américain consacre son portrait du samedi à Anne Sinclair, l'épouse de DSK, qui vient de «rejoindre le malheureux club des femmes soutenant leur mari face à un récit crescendo de trahisons sexuelles, de plus aiguillé dans son cas par des accusations inouïes et sordides de tentative de viol sur une femme de chambre d'un hôtel». Le journal revient sur ses origines et sur sa carrière professionnelle, ainsi que sur la façon dont elle a soutenu son époux depuis le 14 mai.

Libéré, et provisoirement relogé

[The New York Times] Dominique Strauss-Kahn a été finalement libéré vendredi soir de la prison de Rikers Island, et s'est installé dans un appartement de location au 71 Broadway, dans Manhattan, après l'annulation de son installation dans un appartement sur East 65th Street. Selon le New York Times, «il n'est pas encore précisé si son séjour sera temporaire». Le quotidien a interrogé une habitante de l'immeuble, qui explique «Ici, c'est amical et propre et nous sommes très en sécurité» et, interrogée sur ses sentiments sur l'arrivée de DSK, répond: «Je crois que je n'ai pas le choix, on ne nous a pas demandé notre avis». 

DSK toujours à la recherche d'un logement?

[The New York Post/AFP] Selon le tabloïd The New York Post, le premier a avoir révélé l'arrestation de DSK samedi, l'ex-directeur général du FMI serait toujours à la recherche d'un logement, car celui qu'Anne Sinclair avait réservé sur East 65th Street lui aurait été refusé quand les propriétaires auraient appris le nom du futur locataire. L'AFP a contacté un responsable de l'immeuble, qui a répondu qu'il n'y avait pas de locataires répondant au nom de Strauss-Kahn ou Sinclair.

La presse américaine très critique envers BHL

[Slate.com/Le Monde] L'essayiste français est très critiqué pour son texte de soutien à son ami DSK. Le blog Scocca de nos confrères de Slate.com estime ainsi que, pour défendre Dominique Strauss-Kahn, «il est peut-être plus sage de ne pas écrire son plaidoyer du point de vue de quelqu'un d'arrogant, désespérément sexiste et fier de l'être». Avant d'ajouter: «Si Lévy avait attaqué Kadhafi de la même façon qu'il a défendu Strauss-Kahn, les Marines seraient en train de défendre Tripoli.» Le Monde consacre par ailleurs lui aussi un article aux critiques contre BHL. 

Le procès des journalistes

[Le Monde] Le médiateur du quotidien revient sur le procès fait aux journalistes, et plaide sur trois chefs d'accusation. Le «lynchage d'un homme à terre»? Non coupable: «Avons-nous exprimé une quelconque satisfaction à l'évocation de l'affaire, avons-nous particulièrement insisté sur les points laissant présager de la culpabilité de l'accusé? Non.» Le non-respect de la présomption d'innocence? Coupable: «Faire apparaître des images d'une personne sous le coup d'une procédure pénale avec des "menottes ou entraves" porte atteinte à la présomption d'innocence.» L'omerta des médias? Demande de renvoi: «La presse française doit-elle évoluer, se montrer capable d'enquêter sur la vie privée des responsables politiques qui ne se privent pas, eux, de l'utiliser dans leurs stratégies de communication? Nous vous en laissons juges.»

La rédemption de Rikers

[The Financial Times (payant)] Sous le titre «DSK and the Rikers Redemption» (qui rappelle The Shawshank Redemption de Frank Darabont, alias Les Evadés), l’éditorialiste Robert Shrimsley a imaginé une fiction dont il explique qu’elle «s’ouvre sur les hauts murs d’une prison de New York, alors qu’une musique douce s’évanouit et qu’on entend la voix de Morgan Freeman». Morceaux choisis:

«Dominique a été pris en grippe par quelques-uns des gangs les plus redoutés. Les Bloods étaient en violent désaccord avec sa vision keynésienne et préféraient l’approche néoclassique de la charge de la dette. Encore pire était sa querelle avec les Latin Kings sur le modèle optimal de régulation macro-prudentielle. Pendant un moment, on aurait dit que la question était seulement de savoir quel gang l’aurait le premier. Il avait même peur de se doucher seul par peur d’être assailli par un fanatique de la discipline budgétaire.»

« Un jour, on lui a confié la charge de la banque à tabac de Rikers. L’Espagnol qui s’en occupait avait été poignardé et les règles disaient que le boulot devait aller à un Européen, donc Dominique s’est présenté. Les prisonniers à court de cigarettes pouvaient venir lui demander un prêt. […] Parfois, il restructurait leurs cigarettes de qualité en roulées.»

«Un matin, il était parti. Ils ont mis sa cellule sans dessus dessous et il n’était plus là. […] Quelques jours plus tard, un homme répondant à sa description et se faisant appeler Monte Cristo s’est présenté dans une banque de New York où il avait transféré tous les profits de la banque à tabac. Il a retiré une grosse somme et a dit qu’il rentrait en France pour "régler des comptes".»

Un nouveau code de conduite au FMI

[Bloomberg] L'agence de presse dévoile le nouveau code de conduite sur les relations hommes-femmes que vient d'adopter le FMI (le 6 mai, soit avant l'affaire). Il prévoit notamment qu'une «relation personnelle proche entre un responsable et un ou une subordonné présente un conflit d'intérêt potentiel et doit être signalé et résolu, généralement par le transfert d'un des individus concernés dans une autre unité de travail». Le non-respect de ces consignes peut entraîner une enquête et des sanctions allant jusqu'au licenciement. 

Libéré sous caution

[Reuters, The New York Times] Inculpé mais libre. DSK devra néanmoins encore passer une nuit en prison car sa libération sous caution, fixé jeudi à un million de dollars, avec un dépôt de garantie de cinq millions de dollars, ne sera signée que vendredi. Dominique Strauss-Kahn sera assigné à résidence avec un bracelet électronique et devra avoir en permanence à ses frais au moins un gardien armé à l’entrée et à la sortie de l’immeuble. Un système de contrôle vidéo sera également mis en place. Soit, selon Reuters, 200.000 dollars de frais mensuel.

Ce même jeudi, un grand jury a décidé de formellement inculper le désormais ex patron du FMI — depuis sa démission jeudi matin — pour tentative de viol présumée sur une femme de chambre à New York. Prochaine audition de DSK devant la justice, le 6 juin.

Quand DSK pensait qu'un complot russe voulait l'évincer du FMI

[TéléObs] Une théorie du complot de plus, qui viendrait de DSK lui-même cette fois-ci: invité sur BFM TV, le député PS Claude Bartolone a raconté que lors d'une conversation, l'ancien directeur du FMI lui avait confié que «les Russes, et notamment Poutine [étaient] les alliés de la France pour essayer de [le] virer du FMI», dans le but d'empêcher sa candidature à la présidentielle 2012.

Regardez la vidéo ci-dessous, à partir de 5m38 pour cette anecdote:

DSK fait appel pour obtenir la liberté surveillée

[NPR] Alors que Dominique Strauss-Kahn a passé sa troisième nuit dans la prison de Rikers Island, ses avocats vont ce jeudi 19 mai faire appel de la décision d'une juge de ne pas remettre DSK en liberté en attendant son procès.

Pour convaincre le nouveau juge devant auquel ils feront leur demande, les avocats de DSK ont préparé un nouveau «bail package», une proposition de caution: DSK a remis son passeport aux autorités et il affirme qu'il ne sortira pas des Etats-Unis. Les avocats proposent une caution d'un million de dollars en liquide, et une mise sous résidence surveillée (chez sa fille Camille Strauss-Kahn, étudiante à l'université de Columbia dans le nord de Manhattan) 24h/24 grâce à un bracelet électronique.

Des conditions similaires à leur proposition de lundi, sauf l'ajout de la mise sous résidence surveillée, note NPR.

De nouvelles accusations contre DSK

[El Universal] La liste des accusations s'allonge et les médias s'intéressent à de vieilles affaires:  Dans DSK. Les secrets d'un présidentiable, un livre sorti en 2010 sur le désormais ancien directeur du FMI, Cassandre, l’auteur anonyme, évoque une autre histoire sur Dominique Strauss-Kahn. «Dans la carrière de Strauss-Kahn, il y a aussi une agression contre une femme de ménage au Mexique», rapporte Il Corriere della Sera, qui cite le livre.

Il n’en faut pas plus pour que la rumeur se propage. «Une Mexicaine parmi les victimes d’agression sexuelle de Dominique Strauss-Kahn», titre le quotidien mexicain El Universal. L'information est ensuite reprise par des sites américains. Le Business Insider rapporte que, d'après la mystérieuse Cassandre, l'ancien directeur du FMI aurait agressé une femme de ménage au Mexique, pendant une visite officielle. L'incident n'aurait pas été reporté aux autorités. Le Daily Mail aussi, dans un paragraphe dédié à DSK et ses femmes, évoque une «femme de ménage mexicaine, à l'âge inconnu».

DSK n'est plus le directeur général du FMI

[FMI] Mercredi 18 mai au soir, Dominique Strauss-Kahn a annoncé au FMI qu'il démissionnait de son poste de directeur général, avec effet immédiat.

Voici une copie du texte de la lettre qu'il a envoyé au FMI, et que l'institution a publié sur son site Internet:

«C’est avec une infinie tristesse que je me vois obligé aujourd’hui de proposer au conseil d’administration ma démission de mon poste de directeur général du FMI.

Je pense d’abord en ce moment à ma femme – que j’aime plus que tout – à mes enfants, à ma famille, à mes amis.

Je pense aussi aux collaborateurs du FMI avec lesquels nous avons accompli de si grandes choses depuis plus de trois ans.

A tous, je veux dire que je réfute avec la plus extrême fermeté tout ce qui m’est reproché.

Je veux préserver cette institution que j’ai servi avec honneur et dévouement, et surtout, surtout, je veux consacrer toutes mes forces, tout mon temps et toute mon énergie à démontrer mon innocence.

Dominique Strauss-Kahn»


John Lipsky, directeur général adjoint du FMI, assurera les fonctions de directeur général par intérim, en attendant la nomination d'un nouveau Directeur général par le conseil d'administration.

Les trois épouses de DSK

[Time] L'hebdomadaire américain consacre un article aux trois épouses de Dominique Strauss-Kahn. La troisième, Anne Sinclair, est connue de tous, ce qui n'est pas le cas des deux premières. La première, Hélène Dumas, l'a épousé en 1967 alors qu'il avait seulement dix-huit ans et elle vingt, et a eu avec lui trois enfants, Vanessa, Marine et Laurin. La seconde, Brigitte Guillemette, l'a rencontré en 1983 quand elle était son experte en communication et l'a épousé l'année suivante. De leur union est née en 1985 une fille, Camille.

Une journaliste se dit harcelée par DSK

[The Times via The Australian] Le quotidien britannique (payant en ligne) cite le témoignage anonyme de «Martina», une reporter trentenaire d’un journal «du continent» (européen mais non britannique, donc) dont le prénom a été changé: elle affirme qu’après une interview collective en 2008, DSK a obtenu son numéro de téléphone et l’a appelée en disant: «Si vous passez la soirée avec moi, vous pourrez avoir votre propre interview.» En novembre 2010, il serait revenu à la charge avec la même proposition à condition qu’elle passe un weekend avec lui à Paris ou ailleurs: «Il me faisait comprendre de manière presque explicite que je devrais coucher avec lui pour obtenir l’interview.»

La stratégie du consentement

[The New York Times] Alors que la prochaine audience aura lieu ce vendredi 20 mai, le New York Times s'interroge sur la stratégie que comptent adopter les avocats de Dominique Strauss-Kahn. Lors de l'arraignment du lundi 16, l'avocat de DSK, Benjamin Brafman, a dit au juge qu'il estimait que «les éléments médico-légaux» n'étaient «pas cohérents avec une relation forcée», sans préciser davantage la nature de ces éléments, ni s'il savait quels éléments le procureur avait fait collecter.

Et le lendemain, une source brieffée sur l'affaire a déclaré au New York Times que les avocats de la défense estimaient que les actes sexuels auraient été consentis, alimentant l'idée que ce serait la stratégie utilisée par ceux-ci lors des prochaines audiences. L'avocat de la femme de chambre, Jeffrey Shapiro, a immédiatement réagi en disant:

«Il n'y a aucune question sur le fait que ce n'était pas consenti –elle a été agressée et elle a dû lui échapper [...] Peu importe ce que M. Brafman dit, et peu importe ce que le suspect dit. Son histoire, c'est son histoire, et elle l'a racontée à tous ceux qui lui ont demandé, et elle dit la vérité. Elle n'a pas d'objectif caché.»

Un candidat possible à la tête du FMI se retire

[The Financial Times/Felix Salmon] Le blogueur de Reuters Felix Salmon cite une tribune dans le Financial Times (payant en ligne) de l'Egyptien Mohamed El-Erian, dont le nom avait circulé comme possible candidat à la succession de DSK: ce dernier explique qu'il ne «fera pas partie du processus» car il a déjà «un super boulot en Californie», où il dirige le fonds obligataire Pimco. Il ajoute en revanche que le processsus doit être ouvert à «toutes les nationalités».

DSK placé sous surveillance anti-suicide?

[NBC/AFP] Selon la chaîne de télévision américaine NBC, Dominique Strauss-Kahn, qui passait sa deuxième nuit dans la prison de Rikers Island, a été placé sous surveillance anti-suicide: son état est contrôlé au moins deux fois par heure et il porte des chaussures sans lacets. La source citée par la chaîne précise cependant que le détenu n'a fait aucune déclaration laissant à penser qu'il pourrait attenter à ses jours. L'administration pénitentiaire de New York s'est refusée à confirmer ces informations à l'AFP, arguant que «l'état de santé d'un détenu est confidentiel», mais a précisé que le «règlement exige que chaque détenu soit évalué en fonction du risque qu'il puisse se faire du mal ou en faire aux autres».

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