Monde

Pour WikiLeaks, la transparence ne s'applique qu'aux autres

Slate.fr, mis à jour le 13.05.2011 à 15 h 11

Julian Assange, en décembre 2010. REUTERS/Paul Hackett

Julian Assange, en décembre 2010. REUTERS/Paul Hackett

WikiLeaks veut plus de transparence partout, sauf chez WikiLeaks. Cette critique, régulièrement formulée à l’encontre de l’organisation de Julian Assange, vient de prendre un peu plus de poids.

David Allen Green a publié le 11 mai sur le New Statesman une copie du document légal de confidentialité que WikiLeaks oblige ses employés à signer, un document pour le moins contraignant. Il impose notamment une amende de 12 millions de livres (13,6 millions d’euros) pour toute enfreinte aux règles de confidentialité énoncées. Une somme absurde selon Green:

«Cette somme grotesque et assurément inexécutable est basée sur “une évaluation typique de la valeur sur le marché” des informations que WikiLeaks détient. Cette phraséologie confirme l’image que WikiLeaks a d’elle-même, à savoir une organisation commerciale dont le métier est la détention et la vente d’informations “fuitées”.»

Dans un autre passage, du document, WikiLeaks spécifie que l’organisation peut porter plainte pour «la perte d’une opportunité de vendre l’information à d’autres médias et diffuseurs» ou pour «la perte de valeur de l’information». Pas sûr que les sources de WikiLeaks soient ravies de prendre connaissance du document, comme le souligne Green:

«On peut penser que les personnes bien intentionnées qui ont fourni des infos ignorent les intentions expressément commerciales de WikiLeaks telles qu’on les voit dans ce document, et en seraient même horrifiées.»

Après avoir été pointé du doigt par des sympathisants de WikiLeaks, l’homme qui a fait fuiter le document, un journaliste du Guardian, explique dans un article sur le site du quotidien britannique que la fuite n’était pas préméditée, mais ne regrette pas que le document soit tombé dans le domaine public:

«Ayant travaillé pour plusieurs médias, j’ai l’habitude des clauses de confidentialité. Le document de WikiLeaks est de loin le plus restrictif de tous ceux que j’ai eu sous les yeux.»

Cette fuite ne va pas arranger les relations très tendues entre The Guardian et WikiLeaks, qui a menacé à plusieurs reprises le journal de poursuites judiciaires pour son traitement de l’arrestation de Julian Assange. The Guardian était pourtant un des cinq médias internationaux partenaires de WikiLeaks pour la publication des câbles diplomatiques américains en septembre 2010.

Slate.fr
Slate.fr (9125 articles)
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte