Life

Dans l'enfer du marathon de Barkley

Slate.fr, mis à jour le 13.05.2011 à 11 h 18

Un dossard du marathon de Barkley 2009

Un dossard du marathon de Barkley 2009. Photo Michael Hodge via Flickr CC License by.

C’est sans doute l'une des courses les plus dures au monde: le magazine littéraire américain The Believer consacre un article-fleuve au marathon de Barkley, couru chaque année au printemps près de la ville de Wartburg (Tennessee). Son auteur, la romancière Leslie Jamieson, a accompagné sur le terrain son frère Julian, qui faisait partie des concurrents de l’édition 2010.

L’idée de cette course est venue de l’évasion de prison sur ces lieux, le 10 juin 1977, de James Earl Ray, le meurtrier de Martin Luther King, repris après 54 heures de cavale et seulement huit miles (12,8 km) parcourus. «Un homme a entendu cela et a pensé: je dois voir les lieux», explique The Believer à propos du fondateur Gary Cantrell, alias «Laz», qui a surnommé le marathon «The Race That Eats Its Young» («la course qui dévore ses enfants»).

En cause, l’absence de sentier, une forte déclivité, une végétation gênante, un petit tunnel rempli d’eau, de rats et de serpents et surtout une longueur évaluée entre 100 et 130 miles (160 à 208 km) le long de cinq boucles de circuit. Sans oublier que tous les concurrents sont forcés d'emmener leur boussole, parce qu'il est très facile de se perdre.

Et pour courir cela, il faut se battre, puisque «Laz» demande à ceux qui veulent faire partie des 35 heureux élus, en plus de payer un droit d’admission de 1,60 dollar, d’écrire un essai sur le sujet «Pourquoi je devrais être autorisé à courir le Barkley». Une exigence littéraire qui colle bien à un autre attribut de la course, sa chasse aux trésors: le long du parcours sont placés dix livres aux titres réconfortants (Les Chasses du comte Zaroff, Death by Misadventure, A Time to Die ou Au cœur des ténèbres), dont les coureurs doivent arracher la page qui correspond à leur dossard.

Une bonne partie de l’article de Leslie Jamieson est consacrée au portrait de ce «Laz», personnage fascinant que l’auteur compare à celui incarné par Marlon Brando dans Apocalypse now:

«Quand je le regarde, je ne peux m’empêcher de penser à Au cœur des ténèbres. Comme Kurtz, Laz est chauve et charismatique, le chef d’un petit empire, un trafiquant de souffrance humaine. […] Son plus grand désir semble de dessiner une course incourable, d’atteindre l’horizon immortel d’un défi ingagnable aux contours nouveaux et méconnaissables. Après la première édition, que personne n’a finie, il a écrit un article titré: "LE PARCOURS GAGNE LE MARATHON DE BARKLEY".»

Lui-même ne l’a jamais fini malgré plusieurs essais. Depuis sa création, en 1986, seulement dix personnes l’ont bouclé, dont une cette année.

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