Monde

La ville la plus agréable au monde n'existe pas

Temps de lecture : 2 min

Vancouver, REUTERS/Andy Clark
Vancouver, REUTERS/Andy Clark

Les classements des villes les plus agréables à vivre, qui sont régulièrement publiés par des médias comme The Economist, Monocle ou encore Mercer, ne veulent rien dire. C’est la thèse que développe Edwin Heathcote dans un long article paru dans le Financial Times.

Le journaliste s’est rendu compte que Vancouver, une ville certes charmante mais pour le moins monotone, figure systématiquement en haut des classements des villes où il fait bon vivre dans le monde depuis dix ans.

Selon Heathcote, les bons résultats de villes comme Vancouver, Vienne, Zürich, Genève ou encore Copenhague sont en fait la preuve du manque d’intérêt de ces classements qui mesurent l’agréabilité des villes. Où sont celles qui attirent vraiment de nouveaux habitants et entreprises chaque année, comme New York ou Londres?

Pour le journaliste, le principal problème de ces classements est qu’ils récompensent des villes qui n’ont ni pauvres ni inégalités sociales. Or, dans des grandes villes comme New York, Londres ou dans une moindre mesure Paris, «c’est souvent justement la juxtaposition de la richesse et de la pauvreté relative, la collision entre ces deux mondes, qui rend une ville pleine de vie». L’abandon des anciens quartiers industriels aux classes populaires et aux immigrés puis leur «gentrification» après le retour des artistes et des architectes a produit des quartiers où la vie s’est métamorphosée et où la création de nouvelles idées et de nouvelles cultures s’est exprimée: SoHo et Chelsea à New York, Mitte à Berlin ou Shoreditch et maintenant Peckham à Londres.

Si les critères choisis (infrastructures, espaces verts, éducation, transports) pour les indices utilisés semblent individuellement pertinents, que veulent-ils dire une fois mis ensemble? Pour Heathcote, la notion de qualité de vie est tellement subjective et personnelle qu’il n’a pas de sens de faire des classements sur l’agréabilité. Il conclut:

«Nos villes nous appartiennent, nous les fabriquons dans nos têtes. Aucune ville n’a la même signification pour deux personnes, alors comment pourrait-on les mesurer?»

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