Culture

Fast & Furious 5, un film de super-héros post-racial

Temps de lecture : 2 min

Zoom sur l'affiche du film Fast Five

Fast Five, le cinquième opus de la série des Fast & Furious, est sorti ce mercredi 4 mai dans les salles françaises. Un énième film sur les courses automobiles, fait d'action pure et fleurant bon la testostérone et le gasoil? Détrompez-vous: selon plusieurs journaux en ligne américains, c'est bien plus que ça.

io9, par exemple, le considère comme le film «socialement progressiste, post-racial et de super-héros que vous vouliez voir sans le savoir».

Et d'argumenter:

«Je vous défie de trouver un autre film de studios montrant une distribution si diverse, et n'ayant pas pour sujet la diversité ethnique. Les Fast & Furious débordent de noirs, d'hispaniques, d'asiatiques en tout genres, d'un personnage ou deux venant d'une île du Pacifique, finalement d'un patchwork d'ethnies, sans que personne ne s'en rende compte. En fait, il n'y a qu'un seul blanc dans toute la saga qui ne soit pas un vilain.»

Le site Boston.com compare lui l'Amérique décrite dans les 30 films ayant fait le plus d'entrées l'année passée (en 2010), avec la série des Fast & Furious. Même si l'Amérique actuelle «continue à discriminer selon les couleurs, c'est tout de même une Amérique dans laquelle différentes races évoluent et interagissent: dans laquelle un homme blanc peut avoir un patron asiatique, un gendre hispanique et un meilleur ami afro-américain». Or seuls deux films sur les 30 mettent en scène des personnages principaux non blancs, l'un, Karaté Kid, se déroule en Chine, l'autre, Grown Up (Copains pour toujours) montre quelques scènes avec Chris Rock (qui est noir) et Rob Schneider (en partie philippin).

Fast & Furious, en plaçant la course automobile et son environnement au centre des films, montre finalement un monde «post-racial, post-Américain, post-presque toutes les catégories auxquelles vous pouvez penser, y compris celle de la cohérence». Le mélange racial n'est «ni superficiel, ni de circonstance», continue le Boston.com, à l'inverse de mélodrames récents faits par et pour une communauté noire.

Le film fourmille néanmoins de tous les clichés possibles et inimaginables, souligne le New York Post.

Sur Slate.com, Dana Stevens mentionne aussi cet emploi de clichés, sans toutefois s'y attarder. Elle remarque en revanche:

«Ce qui importe, c'est que le Fast gang est une famille —une famille prête à s'agrandir, puisque Mia (jouée par Jordana Brewster) est enceinte d'O'Connor (joué par Paul Walker). Ce thème est central dans le film —qui est dans la famille? Qui n'y est pas? Une fois expulsé de la famille, peut-on y revenir? [...] Oui, une bonne partie de ce film consiste à voir des hommes musclés se battre à mains nues, sauter de toit en toit, mais il reste un film à propos d'un groupe de gens qui se connaissent et qui s'aiment mutuellement (et que le public [...] connaît et aime aussi.) Dom Toretto (joué par Vin Diesel) en est le père bourru mais affectueux envers sa bande de renégats, leur fournissant un barbecue, une protection et un rude code moral sur lequel s'appuyer

Empire Online est le plus acerbe avec le film: on peut y lire que «cet épisode a la vitesse la plus grande, et le quotient intellectuel le plus bas dans la série». Mais il conseille tout de même de «le voir sur l'écran le plus grand, avec le son le plus fort» que vous puissiez trouver.

Slate.fr

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