Kadhafi aurait fourni du Viagra à ses troupes pour encourager les viols

Benghazi, 11 mars 2011. REUTERS/Finbarr O'Reilly

Un des diplomates américains les plus en vue a affirmé devant le Conseil de sécurité des Nations-Unies que Mouammar Kadhafi fournit du Viagra à ses troupes afin de les inciter à commettre des viols en masse.

L’ambassadrice des Etats-Unis aux Nations Unies, Susan Rice, a tenu ses propos à la fin de la semaine dernière. Elle a expliqué que l'objectif de Kadhafi était de terroriser les populations des régions où les rebelles bénéficient de leur soutien, ce qui constitue indéniablement un crime de guerre. Elle a indiqué que des soldats s’étaient fait remettre du Viagra pour commettre des atrocités, et qu’ils ciblaient notamment les enfants.

Susan Rice a été l'un des avocats les plus convaincus au sein de l'administration Obama de la nécessité d'une intervention militaire américaine contre le régime de Kadhafi avec la Conseiller dans les affaires étrangères de la Maison Blanche, Samantha Power, et avec la Secrétaire d'Etat Hillary Clinton. Elles ont toutes les trois persuadé Barack Obama d'intervenir en Libye. Mais aujourd'hui les critiques sur l'efficacité et les motifs de l'intervention sont de plus en plus nombreuses.

Des diplomates ont mis en cause les propose de Mme Rice soulignant qu'elle n'a fourni aucune preuve à l’appui de ses affirmations concernant le Viagra. Selon eux, ces déclarations auraient été faites dans le but de convaincre des pays tels que la Russie, la Chine, et l’Inde, qui croient de moins en moins en l’efficacité des frappes aériennes de l’OTAN, que le conflit libyen est une guerre civile atroce.

Dans un reportage le mois dernier, la chaîne de télévision al-Jazeera interrogeait des médecins qui affirmaient avoir retrouvé du Viagra dans les poches de soldats et de mercenaires de Kadhafi.

Un diplomate qui assistait à l'intervention de Susan Rice fait remarquer malicieusement que personne n'a vraiment été surpris ou choqué par ses propos au moment où ils ont été prononcés et que les critiques sont intervenues bien plus tard. «J'étais dans la pièce quand elle a mentionné le Viagra. La remarque n'a pas provoqué de réactions alors. C'était lors d'une discussion pour savoir s'il y avait une différence du point de vue de la morale entre les forces de Kadhafi et les celles de la rébellion», explique-t-il au Guardian. «Susan Rice a alors fait une longue liste des exactions commises par les troupes de Kadhafi».

Susan Rice utilise d'ailleurs en général un langage qui n'est pas considéré comme très diplomatique. Elle a ainsi déploré, toujours la semaine dernière, que le président syrien Bachar el-Assad ait fait appel à des militaires iraniens pour l'aider à combattre l'insurrection. Ce qui n'a pas été du goût des diplomates russes, chinois et libanais qui ont bloqué le vote d'une résolution au Conseil de sécurité condamnant la répression en Syrie.