Culture

Une version non censurée du Portrait de Dorian Gray

Slate.fr, mis à jour le 29.04.2011 à 8 h 32

Une version non-censurée du  Portrait de Dorian Gray d’Oscar Wilde, le grand classique de la littérature anglaise, est publiée par la Harvard University Press, 120 ans après que la presse britannique a qualifié l’œuvre de «vulgaire», «sale» ou encore «toxique».

L’éditeur d’Oscar Wilde, J.M. Stoddart, avait déjà supprimé une série de passage «désobligeants» du roman avant même qu’il paraisse pour la première fois dans la revue littéraire Lippincott’s Monthly Magazine en juin 1890, rapporte The Guardian. Des passages qui explicitaient la nature homosexuelle des sentiments de l’artiste Basil Hallward pour le jeune Dorian Gray et qui accentuaient l’homosexualité de Dorian Gray lui-même.

Assurant à son employeur Craige Lippincott qu’il allait rendre le livre «acceptable pour les esprits les plus fastidieux», Stoddart avait également enlevé le terme «maîtresses» qui désignait les amantes de Dorian Gray.

L’indignation publique qui a suivi la publication du roman avait forcé Oscar Wilde à le modifier davantage avant sa parution sous forme de livre en 1891. Le journal britannique Daily Chronicle écrivait:

«Il s’agit d’un conte né de la littérature lépreuse des décadents français, un livre toxique dont l’atmosphère est pleine des odeurs méphitiques de la putréfaction morale et spirituelle.»

L’écrivain et critique littéraire Brooke Allen précise dans un article du 26 avril sur le site du libraire Barnes and Noble que la critique du Daily Chronicle n’est qu’une succession de mots codés pour désigner l’homosexualité, «un mot qui n’est apparu dans la langue anglaise que deux ans plus tard».

The Guardian donne l’exemple d’un passage censuré. Dans la version originale, Hallward dit à Dorian Gray:

«It is quite true I have worshipped you with far more romance of feeling than a man should ever give to a friend. Somehow I have never loved a woman» («Il est vrai que je vous ai vénéré avec bien plus de sentiments romantiques qu’un homme devrait avoir pour un ami. En fait, je n’ai jamais aimé de femme)

Après censure, le passage donne:

«From the moment I met you, your personality had the most extraordinary influence over me.» («Du jour où je vous rencontrai, votre personnalité eut sur moi une influence extraordinaire.»)

Photo: Oscar Wilde painted portrait _DDC0272/Adobe of Chaos via Flickr CC License by

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