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Hôpital: le bruit facteur d'erreurs médicales?

Temps de lecture : 2 min

Un médecin demandé au bloc 3 via les hauts-parleurs, une alarme qui retentit, le système de ventilation qui s’excite et des portes qui s’ouvrent et se referment sans interruption. Bienvenue à l’hôpital et son univers sonore de plus en plus bruyant.

Le niveau sonore en milieu hospitalier atteint une moyenne d’environ 72 décibels en journée et 60 décibels la nuit. Bien supérieur aux 40 décibels préconisées par l’OMS, explique le Los Angeles Times.

Erreurs médicales

Aux États-Unis, cette problématique est prise au sérieux et commence à concerner les pouvoirs publics, dont l’Etat de l’Illinois et ses hôpitaux qui ont récemment lancé une «campagne du silence».

L’objectif? Que le personnel prenne conscience du bruit ambiant dans les couloirs, bureaux et salles de consultation. Cette campagne doit aussi inviter à remplacer les poubelles en métal, installer des systèmes d’absorption du son au sol ou prendre l’habitude de baisser sensiblement la lumière la nuit afin d’obliger le personnel à chuchoter.

Car le bruit serait facteur d’augmentation du stress, autant chez les patients que chez les soignants. Et, outre diminuer le temps de sommeil des patients d’au moins deux heures par nuit, le bruit provoquerait des erreurs médicales, augmenterait la fatigue ou multiplierait les tensions entre collègues de travail.

Mais pour le moment, «il n’y a pas assez d’entreprises qui fabriquent du matériel silencieux adapté pour les hôpitaux», précise Ilene Busch-Vishniac, co-auteur d’une étude menée par l’Université Johns Hopkins en 2005 et dont le site Passeport Santé.net s'était fait l'écho lors de sa parution. Ses recherches lui avaient permis de démontrer les conséquences négatives de l'augmentation progressive de l’environnement sonore des hôpitaux depuis les années 1960. Mais la question est aussi économique.

Ainsi faudrait-il remplacer les systèmes de motorisation des lits et brancards et leurs roulettes qui grincent, mais aussi les alarmes et, surtout, les vieux systèmes d'air conditionné, qui, rappelle le Los Angeles Times, équipent la majeure partie des hôpitaux américains et sont le facteur de bruit le plus important parmi l'ensemble des éléments référencés.

En France cette question a été débattue à l'Assemblée nationale en décembre 2008, lors d'une séance de questions au gouvernement. La problématique du bruit à l'hôpital avait été soulevée par le député Alain Gournac en direction de la ministre de la Santé et des sports, Roselyne Bachelot.

La réponse de Bernard Laporte, secrétaire d'Etat chargé des sports, fut celle-ci:

«Cette question fait l'objet d'une attention constante au sein des établissements de santé. Des solutions techniques et de construction existent pour réduire les nuisances sonores, et des opérations de sensibilisation ont également été menées auprès du personnel. En effet, des actions de formation continue du personnel, notamment paramédical, sont régulièrement conduites afin d'améliorer la prise en charge du malade en termes, notamment, d'accueil, de propreté et de bruit.»

Photo: Hospital/ Boliston via Flickr CC license by

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