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Y a-t-il encore des usines à machines à écrire?

Temps de lecture : 2 min

Typewriter/xlibber via Flickr CC License by
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Existe-t-il encore des usines qui fabriquent des machines à écrire? Selon le Daily Mail, la réponse est non: la dernière usine de fabrication de machines à écrire a fermé ses portes en Inde, pays où l’appareil est encore utilisé par les administrations publiques.

En février dernier, l’AFP rapportait dans un article intitulé «les machines à écrire et les dactylos sont toujours florissants dans une Inde en pleine modernisation» comment les machines à écrire continuaient à avoir du succès en Inde, qui en produisait 150.000 par an encore récemment. Mais Godrej and Boyce, la dernière entreprise du pays, et même du monde entier selon le quotidien britannique, à fabriquer des machines à écrire a fermé son usine de Bombay à cause du manque de demande.

L’entreprise, qui fabriquait des machines à écrire depuis les années 1950 et l’époque où Nehru les décrivait comme un symbole de la nouvelle indépendance industrielle de l’Inde, n’a plus que quelques centaines de machines en stock, dont la plupart sont des modèles de langue arabe. Elle en vendait encore 50.000 par an au début des années 1990, mais ce chiffre est descendu à 800 pour l’année 2010. Milind Dukle, le directeur général de l’entreprise a expliqué au journal indien Business Standard:

«On ne reçoit plus beaucoup de commandes. A partir des années 2000, les ordinateurs ont commencé à dominer. Tous les fabricants de machines à écrire de bureau ont arrêté leur production, sauf nous. Jusqu’en 2009, nous produisions de 10.000 à 12.000 machines par an. Mais il s’agit peut-être la dernière opportunité pour les amateurs de machines à écrire. Aujourd’hui, notre principal marché est celui des agences de défense, des tribunaux et des bureaux gouvernementaux.»

Mais à la suite de l’article du Daily Mail, Justin Rohrlich du site financier Minyanville a enquêté et dément le fait que l’usine de Bombay était la dernière à produire des machines à écrire. Il cite notamment Ed Michael, directeur des ventes dans une entreprise appelée Swintec dans le New Jersey, qui explique que la machine à écrire est «loin d’être morte» et l’entreprise en fait fabriquer en Chine, au Japon et en Indonésie, notamment des modèles transparents destinés aux prisons américaines pour lutter contre la contrebande.

L'administration indienne est quant à elle restée fidèle à la machine à écrire pour d'autres raisons. L’article de l’AFP de février citait l’attachement émotionnel des utilisateurs les plus âgés, mais aussi et surtout la simplicité et le faible coût de maintenance. Un employé de tribunal confiait à l’agence de presse:

«Si vous faites un travail sur un ordinateur et que je fais le même travail sur une machine à écrire, j’aurai fini avant vous.»

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ARTICLE MIS A JOUR avec l'article de Justin Rohrlich

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