Culture

Ce graffiti est-il du vandalisme ou du street art?

Slate.fr, mis à jour le 22.04.2011 à 15 h 20

Vandalism?/Finnur via Flickr CC license by

Vandalism?/Finnur via Flickr CC license by

Le père des envahisseurs de l'espace version street art aurait été arrêté par la police de Los Angeles, croit savoir le Los Angeles Times. Mais aucune preuve n'a pu être retenue contre lui.

L'artiste aux carrés de céramique en forme de petits monstres n'est peut-être pas l'un des deux individus cueillis devant le Moca de Los Angeles. Seuls indices ayant mis la puce à l'oreille de la LAPD: un seau de ciment et des céramiques qu'un des deux compères tenait à la main.

Ce sont ces instruments qui permettent à l'un des artistes «street art» les plus en vogue de sa génération –à l'instar d'un Obey, ou d'un Banksy– de faire découvir sa marque de nostalgique du jeu vidéo, Space Invaders.

Aucun flagrant délit, donc. L'auteur présumé des Space Invaders et son pote ont été libérés.

Du vandalisme!

Néanmoins, des petits envahisseurs aux formes carrées sont apparus un peu partout autour du Moca et... coïncidence? Un Space Invaders a été repéré sur le Geffen Contemporary lui-même, l'édifice du musée qui héberge l'exposition «Arts in the street». Une exposition qui parle de graffiti et se visite, notamment, en bande d'adeptes du graffiti.

Cette interpellation a donné lieu à un débat sur la place de cette pratique dans l'art. Ou comment institutionnaliser une pratique qui s'exerce avant tout dans la rue, et de manière illégale? Un débat dont la France s'était déjà saisie au moment de l'exposition «Tag au Grand Palais», en mars 2009.

Pour le policier Jack Richter, le problème est clair:

«Nous respectons la liberté d'organiser une exposition, mais nous exigeons que la propriété des autres soient préservées», lit-on dans un autre article du Los Angeles Times intitulé «L'exposition du Moca Art in the Street cause des dommages collatéraux pour le voisinage: le vandalisme.»

Le directeur du musée, Jeffrey Deitch, avait anticipé la polémique. L'exposition qu'il organise est la plus importante jamais organisée aux Etats-Unis.

«C'est le langage d'une culture encore jeune que nous ne pouvons arrêter. Et ce mode d'expression s'exprime avec et sur le territoire.»

«Certains des jeunes tagueurs sont des anarchistes», tempère-t-il, en bon diplomate.

Sauf que des artistes comme Space Invaders, André, Barry McGee, Banksy ou Obey se vendent désormais sur le marché de l'art et incarnent ceux qui partagent leur travail entre les œuvres exposées dans les musées et celles dans la rue. Car le graffiti, est d'abord une pratique urbaine.

The Huffington Post relate l'opinion de Greg Linton, auteur du blog de street art MELROSEandFAIRFAX. Provocatrice, sa position a le mérite d'être originale:

«Bien que les gens n'apprécient pas le côté illégal du street art, ça serait une bonne idée de conserver les tags sur vos portes. Tagueurs aujourd'hui, artistes de demain. Et le graffiti inscrit sur votre porte pourrait devenir le prochain Banksy!»

La toile de l'artiste, Keep it Spotless, a été vendu 1.230.000 € chez Sotheby's à New York, le 14 février 2008.

 

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