Culture

Quand les zombies débarquent à Cuba

Slate.fr, mis à jour le 22.04.2011 à 12 h 40

Cuba / twicepix via Flickr by CCLicence

Cuba / twicepix via Flickr by CCLicence

Juan of the Dead, le premier film d’horreur cubain fait son entrée au cinéma. Réalisé avec seulement 2 millions de dollars (environ 1.373.000 euros), le film se veut humoristique et critique vis-à-vis de la société cubaine.

«C’est une comédie sociale, il y a un peu de tout. Il a de l’horreur, de l’action et les problèmes sont risibles», explique Alejandro Brugués, écrivain et réalisateur du film.

De mystérieuses attaques ont lieu sur l’île de Cuba. Les victimes sont défigurées et couvertes de sang. Juan, la quarantaine, fainéant, identifie les coupables: des zombies. Juan fait alors ce que «font les Cubains en temps de crise: il devient capitaliste», explique The Guardian. Il crée alors une entreprise, «Juan of the Dead», pour lutter contre l’invasion des zombies. Pour mettre en place son entreprise, il utilise les compétences qu’il a acquises au cours de l’intervention militaire cubaine en Angola et recrute sa fille et ses amis.

L’histoire soulève de nombreux sujets comme les relations entre Cuba et les Etats-Unis (l’invasion des zombies est un complot soutenu par les Etats-Unis afin de déstabiliser le pays) ou les exilés cubains cherchant à fuir leur pays.

«A Cuba, on fait tous la même chose face à l’ennui, on essaye de gagner de l’argent et quand on en a suffisamment, on essaye de quitter le pays. C’est exactement ce que fait le héros tout au long du film», raconte Alejandro Brugués. 

Selon The Guardian, il s’agit d’une satire des mœurs sociales sous le règne de Castro. Les Cubains ont su trouver des issues à la crise. Le marché noir a été développé pour compléter les salaires et la fin de subventions données par l’URSS à sa chute dans les années 1990 et la crise financière de 2008 ont forcé les Cubains à renouveler leur créativité commerciale.  

«Il s’agit d’observations sur qui nous sommes. C’est un gouvernement qui critique les Etats-Unis sur tout. Un peuple qui est très passif et qui ensuite est confronté à une crise qui nous pousse à se lancer dans les affaires», explique Alejandro Brugués.

Le cinéma cubain a un impact international limité rappelle The Guardian. Fraise et Chocolat, un film qui traite des droits des homosexuels (l’homosexualité est encore illégale à Cuba) a été le dernier film à succès qui a été nominé pour un oscar (1994). Mais Alejandro Brugués croit en son film.

«Pendant quatre ans, nous avons été les seuls à croire à ce projet. Et puis tout d’un coup vous avez une centaine de personnes sur le plateau

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