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Les égouts des villes renseignent sur la consommation de drogue

Slate.fr, mis à jour le 21.04.2011 à 18 h 53

"A New Vice: Opium Dens in France", cover of Le Petit Journal, 5 July 1903, wikimedia

"A New Vice: Opium Dens in France", cover of Le Petit Journal, 5 July 1903, wikimedia

«Le caractère d'une ville est perceptible dans ses déchets et dans ses égouts», lit-on sur Il Corriere della Sera. Les égouts permettent en effet de détecter la consommation d'une ville: alimentaire, mais aussi... narcotique.

Une nouvelle recherche de l'université d'Adélaïde, réalisée à partir de l'analyse des eaux usées de la ville australienne, révèle ainsi d'intéressantes données sur sa consommation, rapporte le New Scientist: pendant les fins de semaine, le niveau de MDMA est cinq fois plus important que pendant le reste de la semaine, tandis que celui de méthamphétamines augmente de 30%. La cocaïne, elle, garde la troisième place pendant toute la semaine.

La démarche n'est pas nouvelle. Au cours des dernières années, la drogue est devenue un des sujets les plus analysés à partir des égouts des grandes métropoles. Ceux d'Adélaïde ne sont donc pas les premiers à être évalués sous cet angle.

En 2008, l'institut Mario Negri, le plus grand centre pharmacologique indépendant d'Europe, montrait ainsi que Milan détenait le record européen de consommation de cocaïne le samedi soir, alors que Londres était la plus grande consommatrice d'héroïne.

En 2010, ce fut le tour de Paris. Dans une recherche basée sur les égouts parisiens, Yves Levi et ses collègues de l'université de Paris-Sud ont montré que les parisiens privilégient la cocaïne à l'ecstasy ou aux méthamphématines. Les traces de cocaïne retrouvées dans les canalisations étaient plus importantes à Paris qu'en banlieue. Une différence qui s'explique, selon Yves Levi, par la présence des lieux festifs dans la capitale. Les chercheurs ont aussi constaté des pics de consommation le week-end et lors d'événements populaires comme la Fête de la musique, le 21 juin, et le 14 juillet.

Ces résultats sont étonnants. En 2009, un rapport publié par les Nations Unies ne montrait pas autant de disparités géographiques dans la consommation de drogues: il estimait en effet que les niveaux de consommation de cocaïne étaient à peu près similaires en Europe et en Australie. Mais Chang Chen, qui a dirigé les recherches sur Adélaïde, affirme que, d'après les analyses des eaux usées, la cocaïne est trente fois plus répandue en Europe. Et il espère en tout cas que son étude sera utile aux campagnes contre l'abus de drogues...

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