Life

Nous pensons avec nos intestins

Slate.fr, mis à jour le 21.04.2011 à 15 h 26

Rudolf II (Holy Roman Emperor) painted as Vertumnus, Roman God of the seasons, c.1590-1, Giusepe Arcimboldo, wikimedia

Rudolf II (Holy Roman Emperor) painted as Vertumnus, Roman God of the seasons, c.1590-1, Giusepe Arcimboldo, wikimedia

«Listen to your gut instincts»: cette formule qui suggère d'écouter son instinct (littéralement: écoute les instincts de ton estomac) ne pouvait pas être plus appropriée. Des chercheurs du Karolinska Institute, en Suède, et du Genome Institute de Singapore, ont découvert que la flore intestinale, ces bactéries qui se trouvent dans le tube digestif, a un impact important sur le développement du cerveau et donc sur le comportement de l'adulte, révèle le Scientific American.

Plusieurs études avaient déjà montré l'importance des bactéries dans le développement neurologique et dans les troubles du comportement. On a par exemple montré qu'elles pourraient avoir une influence sur l'utilisation par le corps de la vitamine B6, qui a des effets sur la santé des cellules nerveuses et musculaires.

L'exemple des souris

Mais cette nouvelle étude est la première à évaluer l'influence de ces bactéries dans la biochimie et le développement du cerveau. Les chercheurs ont élevé des souris dépourvues de flore intestinale normale, puis ont comparé leur comportement à celui de souris ayant une flore intestinale normale. Les rongeurs sans flore étaient plus actifs et, dans des tests comportementaux particuliers, moins anxieux que les autres. Par exemple, les souris avaient le choix de rester dans une boîte sûre et sombre, ou de s'aventurer dans une boîte illuminée. Les souris sans flore ont passé plus de temps dans la boîte illuminée que les autres.

L'article n'indique pas si ce type d'expérience est valable chez les êtres humains également, remarque Forbes, mais cela ne serait pas surprenant. Le magazine américain cite le livre de Carl Zimmer,  Parasite Rex, qui explique comment beaucoup de parasites altèrent le comportement de leurs hôtes.

Une sorte de compromis?

L'étude est également reprise par Boing Boing, qui souhaiterait avoir davantage d'analyses sur les résultats de cette recherche. «Etant données les preuves que nous avons sur l'importance de la flore intestinale pour de nombreux aspects de notre santé physique, je voudrais savoir si cette étude implique que nous avons accepté une sorte de compromis. Nous utilisons ces bactéries afin de faciliter la digestion et pour renforcer notre système immunitaire, mais nous perdons du contrôle sur la façon dont notre cerveau fonctionne, que ce soit à notre détriment ou pas, en fonction des circonstances», écrit Maggie Koerth-Bajer sur Boing Boing.

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