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Qui était Ann Dunham, la mère d'Obama?

Slate.fr, mis à jour le 21.04.2011 à 11 h 37

Détail de la couverture du livre «A Singular Woman: The Untold Story of Barack O

Détail de la couverture du livre «A Singular Woman: The Untold Story of Barack Obama’s Mother» de Janny Scott (Riverhead)

C’est la photo d’un petit garçon déguisé en pirate (chemise rayée, chapeau à tête de mort, bandeau sur l’œil, fausse moustache et sabre en carton) avec, un pas derrière lui, une jeune femme brune accroupie. Le petit garçon s’appelle Barack Hussein Obama et est depuis devenu président des Etats-Unis et la jeune femme était sa mère, Ann Dunham, disparue en 1995 à l’âge de 52 ans. La journaliste Janny Scott lui consacre un livre, A Singular Woman: The Untold Story of Barack Obama’s Mother, en librairie début mai, dont elle a tiré un long article pour The New York Times Magazine à paraître dimanche.

Elle y dresse le portrait d’une femme souvent négligée en comparaison avec le père kenyan d’Obama, et qui a donné lieu «à de nombreuses et utiles simplifications excessives»: elle a été décrite comme «la mère blanche du Kansas […] nourrie au maïs», comme «la timide jeune fille d’une petite ville qui craque pour le brillant et charismatique Africain» ou, pendant la campagne d’Obama, comme «la mère célibataire battante, la bénéficiaire de bons d’alimentation, la victime d’un système de santé qui a mal tourné».

Des étiquettes qui «obscurcissent une histoire extraordinaire», celle d’une femme qui a eu un enfant à 17 ans d’un noir «à une époque où la moitié des Etats avaient encore des lois contre les mariages interraciaux», puis s’est expatriée avec lui dans un pays très agité, l’Indonésie. L’a élevé, selon les mots amusés de l’intéressé, pour devenir «un mélange d’Albert Einstein, du Mahatma Gandhi et de Harry Belafonte», mais est morte en 1995 sans pouvoir assister à son élection à la Maison Blanche.

«Mélange d'affection et de distance critique»

Pour réaliser son enquête, la journaliste a réalisé deux cents interviews, dont une du président, qui lui a parlé de sa mère «avec un mélange d’affection et de distance critique, […] peut-être le ton de quelqu’un dont la patience a été testée par une personne qu’il aimait, au point qu’il a pris une certaine distance». Son article se concentre sur les années 1967-1971, lors desquelles Ann Dunham a emmené «Barry» (son surnom enfant) vivre à Jakarta avec son second mari Lolo Soetoro, et a gagné sa vie, notamment, en formant des professeurs d’anglais.

L’occasion de raconter comment la couleur de peau du petit garçon donnait lieu à des moqueries racistes et comment il a été élevé dans la culture indonésienne («Il a des manières asiatiques. […] Si vous ne savez pas bien écouter les gens, en Indonésie, autant partir», explique une expatriée de l’époque), ou de décrire le féminisme d’Ann Dunham, qui ne souhaitait pas juste être la femme de son mari, cadre d’une compagnie pétrolière.

«Quelquefois, quand elle parlait de Barack, elle disait: "Mon fils est tellement brillant qu’il peut faire ce qu’il veut de sa vie, même devenir président des Etats-Unis"», raconte un témoin. Lolo Soetero, lui, aurait eu le dialogue suivant avec son beau-fils:

«Que veux-tu faire quand tu seras grand?
— Oh, Premier ministre.»

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