Pourquoi nous jurons quand nous avons mal

Pourquoi les personnes les plus polies du monde peuvent-elles proférer les insanités les plus vulgaires après s’être pincé le doigt dans une porte?

Des scientifiques de l’université de Keele au Royaume-Uni ont peut-être trouvé la réponse: selon eux, proférer des gros mots peut agir de manière efficace contre la douleur, surtout pour les gens qui n’utilisent habituellement pas de jurons, rapporte The Telegraph, ce qui expliquerait le comportement du personnage de Thierry Lhermitte dans la scène du film Le Père Noël est une ordure ci-dessous.

Pour tester leur théorie, ils ont demandé à des volontaires de mettre leurs mains dans un seau d’eau glaciale tout en proférant des injures de manière répétée. Ils ont ensuite répété l’exercice avec en remplaçant les grossièretés par des expressions anodines. Ils ont pu observer que les étudiants ont été capables de laisser leurs mains dans le seau plus longtemps lorsqu’ils proféraient des insanités, établissant un lien entre les injures et une plus grande tolérance à la douleur. Ils ont aussi découvert que l’effet antidouleur avait quatre fois plus de chances de marcher chez les volontaires qui n’utilisent habituellement pas de gros mots.

Le magazine Time ironise:

«Si votre conversation quotidienne rivalise avec celle de Christian Bale, vous êtes non seulement mal élevé, mais avez aussi moins de chances de bénéficier des effets antidouleur que peut offrir un juron qui tombe à point nommé.»

Les scientifiques pensent que les effets analgésiques des gros mots pourraient venir d’une réaction naturelle: l’accélération des battements de cœur des étudiants qui proféraient des injures pourrait indiquer une augmentation de l’agressivité, un mécanisme naturel que l’on retrouve chez les animaux qui consiste à «inhiber la faiblesse en faveur d’un machisme plus tolérant à la douleur» en cas de danger. Un des chercheurs, le docteur Richard Stephens, explique:

«Les hommes profèrent des injures depuis des siècles, et c’est un phénomène linguistiques quasiment universel. Cela exploite les centres émotionnels du cerveau et semble venir de la partie droite du cerveau, tandis que la plupart de la production de langage se fait dans l’hémisphère gauche. Notre étude montre une explication potentielle de l’apparition des jurons et de leur persistance.»

Photo: pain & pleasure/wolleydog via Flickr CC License by