France

Concours: l'Elysée a-t-il organisé des sessions secrètes pour les étudiants juifs?

Temps de lecture : 2 min

Mediapart affirme que l'Elysée a tenté d'organiser des contre-sessions secrètes de concours de grandes écoles scientifiques pour que des étudiants juifs pratiquants puissent y participer. Cette année, le concours d'entrée à l'école des Mines, des Ponts, de Centrale et de Supelec se déroulent pendant Pessah, la Pâque juive.

Pessah, qui a lieu en 2011 entre le 18 et le 26 avril, ne fait pas partie des fêtes religieuses pour lesquelles sont accordées des autorisations d'absence (et pendant lesquelles, donc, ne peuvent être organisés des concours). Et les concours de ces quatre grandes écoles se déroulent en partie pendant Pessah.

D'après Mediapart, un proche de l'Elysée a demandé à ce que soient organisées secrètement des sessions spéciales, tenues de nuit, pour les étudiants juifs pratiquants. Les étudiants devraient être confinés avant que l'épreuve commence. Ils seraient «fouillés, surveillés en permanence jusque dans les toilettes», et ne commenceraient l'épreuve que quatorze heures plus tard, la nuit suivante à 22h, jusqu'à 2 heures du matin.

De telles dispositions seraient totalement en contradiction avec le principe de laïcité, réaffirmé à plusieurs reprises par des tribunaux expliquant que des décalages d'examens ne pouvaient avoir lieu pour raisons religieuses si ces fêtes ne faisaient pas partie de la circulaire officielle délivrée chaque année.

L'organisateur du concours Centrale-Supélec a démenti l'existence de telles épreuves, affirmant au Parisien:

«A aucun moment il n’a été prévu de composer de nuit. Je ne sais pas d’où sort une telle rumeur.»

Et l'entourage de Nicolas Sarkozy affirme que l'Elysée ne s'est absolument pas mêlé à cette affaire. La ministre de l'Enseignement supérieur Valérie Pécresse explique quant à elle qu'il y avait eu erreur dans le calendrier de la fonction publique qui n'avait pas inclu Pessah, et que dès septembre on a tenté de voir s'il y avait une façon de régler le problème: en décalant les dates des épreuves, ou en décalant le concours de quelques heures pour les étudiants concernés, solution finalement rejetée, affirme Valérie Pécresse.

Mais Mediapart maintient sa version des faits, produisant notamment une note (PDF) écrite par le directeur de l'école Centrale à un conseiller de l'Elysée détaillant le problème et précisant que parmi les diverses solutions, celle d'un décalage des épreuves et d'un confinement pour les étudiants religieux n'était pas souhaitable: comment établir la liste des étudiants concernés puisque les écoles ne possèdent évidemment pas de fichier avec la religion de ses étudiants? Et que faire si d'autres étudiants déposent un recours, arguant que ce décalage va à l'encontre du principe d'égalité?

Lepoint.fr affirme que c'est le rabbin Haïm Korsia, aumônier général de l'armée de l'air et proche de Nicolas Sarkozy, qui a «utilisé son entregent pour faire avancer sa cause». Korsia réfute le rôle de l'Elysée, reconnaissant simplement avoir demandé un changement de date qu'on lui aurait refusé.

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Photo: Sailors take their advancement exam aboard USS Carl Vinson / official U.S. Navy imagery via Flickr CC License By

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