Monde

Quand un parrain de la mafia se livre au FBI

Slate.fr, mis à jour le 14.04.2011 à 10 h 09

Quand les agents du FBI interrogent des chefs de la mafia new-yorkaise sur les détails de leur business, ils ne s’attendent généralement pas à recevoir de réponse. Mais quand le procureur de la cour de justice fédérale de Brooklyn a demandé mardi 12 avril à Joseph C. Massino quels étaient ses pouvoirs, celui-ci lui a répondu de la manière la plus claire et précise possible:

«Meurtres, responsabilité de la famille, faire des capitaines, défaire des capitaines.»

Joseph C. Massino, qui a été pendant de longues années le chef de la famille Bonanno, une des cinq grandes familles du crime organisé italo-américain de New York, était assis dans la partie réservée aux témoins, et pour cause: à 68 ans, il est le premier boss officiel de la mafia new-yorkaise à coopérer avec le FBI, rapporte le New York Times dans un long article.

Au cours de son audition, il a expliqué comment l’accusé, Vincent Basciano, ancien boss de la même famille, lui avait parlé de sa volonté de tuer Randolph Pizzolo, un «collaborateur» des Bonanno, en 2004 au cours d’une conversation enregistrée par Massino. Meurtre pour lequel Basciano est aujourd’hui jugé.

Mais au-delà de ce témoignage crucial pour le procès, ce sont les presque cinq heures passées par Massino à égrainer ses méfaits et racontant les détails des meurtres et autres crimes plus ou moins graves commis du temps de son règne qui valent le détour. Le New York Times raconte comment l'ancien boss a détaillé la vie de tous les jours d’un patron de la mafia, avec des anecdotes et un langage sortis tout droit du Parrain de Francis Ford Coppola ou des Affranchis de Martin Scorcese.

Pour expliquer comment on organise un meurtre «propre», Massino l’ancien restaurateur emprunte ainsi une métaphore culinaire du meilleur goût:

«Si vous avez besoin que quelqu’un tue quelqu’un, vous avez besoin d’ouvriers; il faut plusieurs sortes de viande pour faire une bonne sauce.»

Si Massino semble sorti tout droit d’un film d’Hollywood, la mafia italo-américaine reste une réalité à New York.Le 19 janvier dernier, la police fédérale américaine a porté un coup majeur aux cinq grandes familles de la mafia new-yorkaise en arrêtant 127 personnes au cours d’une opérations qui a mobilisé 800 agents du FBI. D’après les autorités américaines, il s’agissait d’un des «plus vastes coups de filet anti-mafia de l'histoire du FBI».

Photo: Mafia, albertopveiga via Flickr CC License by

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