Monde

Berlusconi ne briguera pas de nouveau mandat

Temps de lecture : 2 min

«Mon projet est d'aller au bout de mon mandat et puis, même si j'ai le plus beau bateau des Caraïbes, continuer à faire de la politique. Mais sans rôle opérationnel dans le gouvernement: si les sondages disent que je peux me rendre utile, je pourrais me limiter à guider la liste de mon parti, mais sans avoir un rôle clé.» C'est avec une pointe d'humour que le président du Conseil italien, Silvio Berlusconi, annonce qu'il ne briguera pas un nouveau mandat pour sa réélection à la tête du gouvernement, lit-on sur la Repubblica. Ainsi, à partir de 2013, les boutades de Silvio Berlusconi risquent de ne plus être officielles.

Le Cavaliere a annoncé sa décision le mardi 12 avril au soir, au cours d'un dîner avec les correspondants de la presse étrangère, raconte Il Corriere della Sera. Il aurait même désigné un successeur: Angelino Alfano, actuel ministre de la Justice. Une récompense pour la réforme du système judiciaire menée par cet homme politique sicilien?

Mercredi 13 avril, la Chambre italienne des députés a voté une loi réduisant les délais de prescription judiciaire. Si elle est adoptée par le Sénat, cette mesure, qui s'inscrit dans le programme de réforme de la justice d'Angelino Alfano, aura pour effet d'éviter au président du Conseil Silvio Berlusconi un procès pour subornation de témoin, rapporte l'Express. Des opposants ont manifesté pendant plusieurs jours devant le Parlement et le débat à la Chambre a été très animé. Sur Micromega, le philosophe italien Paolo Flores d'Arcais compare la situation politique italienne actuelle à la scène finale du film de Nanni Moretti, Le Caïman, où on voit un président faire enflammer un palais de Justice.

On ne s'étonne donc pas si, lors de ce même dîner, Silvio Berlusconi a aussi tapé sur la justice italienne: «La magistrature en Italie est un cancer, une métastase, ils veulent me détruire, je dois libérer le pays des juges...», juges qui sont comparés aux Brigades Rouges, relate La Stampa.

En ce qui concerne sa succession, Silvio Berlusconi aurait fait part d'autres noms: celui de Mariastella Gelmini, ministre de l'Instruction, Franco Frattini, ministre des Affaires étrangères, ou encore Maurizio Sacconi, ministre du Travail «tous des jeunes qui grandissent très bien» d'après le président du Conseil. Qui semblerait pourtant privilégier Angelino Alfano. En effet, il n'y a qu'à propos du ministre de la Justice que le Cavaliere a ajouté explicitement: «Il pourrait me remplacer.»

Photo: Il Presidente incaricato Silvio Berlusconi al termine dell'incontro con il Presidente Giorgio Napolitano, Presidenza della Repubblica, wikimedia.

Slate.fr

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