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De pieux combattants nourrissent les rangs des insurgés libyens

Temps de lecture : 2 min

C'est l'histoire de Abdul Hakim Hasadi, un Libyen de 42 ans, monté au front contre le colonel Kadhafi depuis le début des soulèvements en Libye. Un «homme râblé à la longue barbe noire», raconte le journaliste du Daily Beast en Libye. Abdul Hakim Hasadi est un combattant zélé aux commandes d'un groupe d'environ 200 combattants, à l'est du pays.

«Lorsque les protestations débutèrent le 16 février, Hasadi a rejoint la foule, en espérant que le pays pourrait insuffler des changements à l'image de ceux qui s'opéraient en Tunisie ou en Egypte (…) Lorsque le régime envoya 500 hommes en renfort sur une base aérienne à 15 km de Darnah (…) Hasadi a réalisé que l'opposition aurait besoin d'une force de frappe organisée et efficace», rapporte le Daily Beast.

Il a alors mis sur pieds un camp d'entraînement dans sa ville d'origine, Darnah, réputée l'une des plus pieuses de tout le pays, rapporte le New York Times. Ici, les hommes étaient familiarisés au maniement de l'AK-47 pour qu'ils puissent ensuite être envoyés sur le terrain chaud de Benghazi. Abdul Hakim Hasadi a alors acquis une certaine réputation.

Sufian Bin Qumu, ancien détenu de Guantanamo

Mais au travers de cette histoire individuelle, c'est plus largement celle du parcours et du «background» des rebelles que le Daily Beast met en lumière. Car Abdul Hakim Hasadi est un fervent pratiquant de l'islam rompu aux techniques de l'affrontement armé après un stage de cinq ans dans les camps d'entraînement d'al-Qaida, en Afghanistan.

«Les religieux ne sont pas nombreux parmi les rebelles, mais la présence d'hommes comme Hasadi ayant reçu une formation militaire dans les camps afghans pose la question du passé de ceux qui combattent le régime de Kadhafi», souligne le Daily Beast.

Un des camarades de Hasani, toujours selon le Daily Beast, n'est autre que Sufian Bin Qumu, un ancien détenu de Guantanamo. Il est aujourd'hui chargé du recrutement et de l'entraînement des volontaires, sous l'oeil de l'état-major américain.

Dans un récent témoignage, le commandant des forces de l'Otan en Europe, James Stavridis, évoque d'ailleurs des «soupçons» quant à une probable présence de djihadistes parmi les combattants libyens, rapporte le Wall Street Journal. Des soupçons confirmés.

Ceux-là même que Kadhafi évoquait dans une allocution du 2 avril. Lors de cette prise de parole, il accusait l'organisation d'Oussama Ben Laden –al-Qaida– d'avoir donner des drogues hallucinogènes aux jeunes manifestants libyens, accusant également de «petites cellules dormantes d'al-Qaida» d'avoir déclenché les soulèvements.

Sohaib Mahmoud, professeur d'étude islamique à l'université Ghar Younis de Benghazi et spécialiste des mouvements islamistes en Libye explique que les religieux «rejoindront probablement le parcours des groupes modérés de la région tels que les frères musulmans en Egypte».

Photo: A Tobrouk, le 18 mars 2011. REUTERS/Suhaib Salem

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