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La «lâcheté» des Français concernant la burqa

Slate.fr, mis à jour le 12.04.2011 à 9 h 07

La loi condamnant le port du voile intégral (burqa ou niqab) dans les lieux publics est entrée en application en France ce lundi 11 avril 2011, rappelle la BBC. La loi, qui avait été adoptée par le Parlement en octobre 2010, concerne selon El Watan moins de 2.000 personnes. La France est le premier pays européen à appliquer une telle interdiction au niveau national, alors qu'en Belgique les discussions ont repris et que certains landers en Allemagne l'appliquent déjà.

Selon The New York Times, l'interdiction a touché un point sensible: elle déclenche en effet une stigmatisation du genre féminin dans une communauté religieuse minoritaire. De quoi faire réfléchir, dans un pays qui vante sa devise de «liberté, égalité, fraternité». Même avis dans The Guardian, dans lequel on peut lire que «la volonté de défense des droits des femmes est une excuse ridicule pour quelque chose qui finalement est très proche du racisme». La journaliste et romancière Viv Groskop ajoute que «si les Français n'étaient pas si lâches […] ils interdiraient la burqa et le niqab par leur nom, au lieu de bannir de manière évasive “le fait de se couvrir le visage”».

L'opinion de Saira, jeune femme vivant au Royaume-Uni, interviewée par la BBC, est qu'«[les Français] ont décidé que les femmes portant le voile sont opprimées, ce n'est pas vrai. Je ne veux plus voyager en France, maintenant. Cette loi pourrait amener des familles à se séparer».

En revanche, Sihem Habchi, qui a travaillé avec le gouvernement français à la préparation de la proposition de loi, considère que «[Si la loi n'est pas appliquée], dans cinq ans la France deviendra comme l'Angleterre, où l'on peut voir dans plusieurs quartiers et ghettos de nombreuses femmes portant le voile», peut-on lire sur la BBC.

Pour rappel, si une personne voilée apparaît dans l'espace public (défini comme étant «constitué des voies publiques ainsi que des lieux ouverts au public ou affectés à un service public»), il lui sera demandé de le retirer. «En face d'un refus d'obtempérer, l'agent ou son chef de service doit faire appel aux forces de la police ou de la gendarmerie nationales, qui peuvent seules constater l'infraction, en dresser procès-verbal et procéder, le cas échéant, à la vérification de l'identité de la personne concernée», précise la circulaire parue au Journal Officiel. Les sanctions vont de 150 euros au maximum pour la personne portant le voile à des amendes de 30.000 à 60.000 euros d'amende assortis d'un ou deux ans d'emprisonnement pour un tiers qui contraindrait une personne au port du voile.

Photo: =), sittiealiah via Flickr, CC-Licence-by

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