Culture

Mort de Sidney Lumet, grand artisan du cinéma hollywoodien

Slate.fr, mis à jour le 10.04.2011 à 12 h 22

«Sidney Lumet est, à 86 ans, clairement le plus vieux cinéaste hollywoodien en activité. A moins que 7h58 ce samedi-là, sorti en 2007, soit le dernier film de cet excellent cinéaste spécialisé dans le polar (Serpico, Une après-midi de chien, Le Prince de New York) mais pas seulement (Douze hommes en colère, son premier film en 1957, A bout de course, son chef d’œuvre en 1988).»

Slate.fr écrivait ces lignes en octobre dernier dans un article consacré aux «gérontes du septième art». 7h58 ce samedi-là (Before the Devil Knows You’re Dead dans son titre original) aura effectivement été le dernier film de Sidney Lumet, décédé le samedi 9 avril d’un lymphome à l’âge de 86 ans.

L’ensemble de la presse internationale rend hommage au cinéaste. Le New York Times (qui publie par ailleurs une passionnante nécrologie vidéo mixant un entretien et des extraits de films) conclut son article par une anecdote tirée d’une interview du cinéaste par le journal. «Je ne crois pas que l’art change quelque chose», avait-il répondu à une question sur l’impact social ou politique des films. Pourquoi en tourner, alors? «Je le fais parce que j’aime ça, et parce que c’est une façon merveilleuse de passer sa vie.»

Rolling Stone republie de son côté une interview réalisée en 2008, ou le cinéaste explique:

«Honnêtement, je ne regarde pas mes films. Quand ils sont terminés, ils sont terminés. Si je tombe sur l’un d’entre eux à la télé, j’y jette parfois un œil cinq minutes. En ce qui concerne cet Oscar d’honneur, je pense qu’ils veulent peut-être me dire “Nous sommes surpris d’apprendre que vous êtes encore en vie“ (rires). C’est le genre de chose que vous recevez d’habitude quelques mois avant de mourir.»

Le site Obsessed with Film rend lui hommage à la régularité du réalisateur, qui a tourné une cinquantaine de longs-métrages qui ont décroché quarante nominations aux Oscars:

«La plupart des cinéastes déclinent avec l’âge, même ceux qui dominaient la scène cinématographique à leur apogée, mais cela n’est jamais vraiment arrivé à Sidney Lumet. OK, il a eu une petite baisse de forme dans les années 90 mais, au contraire de John Carpenter ou d’autres grands anciens, il l’a retrouvée dans les années 2000 et a fini sa carrière sur une note haute. Il était cette chose rare, quelqu’un qui n’a jamais traversé une période faible telle qu’il ne pouvait en sortir pour tourner de nouveaux classiques, quelle que soit la décennie.»

Le Guardian, dans sa nécrologie de cet «homme dévoué au cinéma comme forme artistique et à la poursuite de la vérité et de la justice sociale comme thème dramatique», conclut en rappelant les propos de Sonia Sotomayor, première juge hispanique nommée à la Cour suprême et fan avouée de Douze hommes en colère:

«Ce film m’a dit que j’étais sur la bonne voie, il continue de résonner en moi.»

Photo: Sidney Lumet recevant un Oscar d'honneur en 2005. REUTERS/Robert Galbraith.

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