Life

Colin Firth s'intéresse au cerveau des politiques

Slate.fr, mis à jour le 10.04.2011 à 10 h 02

Les orientations politiques sont-elles liées à la structure du cerveau? Ryota Kanai, Tom Feilden, Colin Firth et Geraint Rees viennent de publier en ligne le 7 avril un article (payant) sur cette question dans la revue scientifique universitaire Current Biology.

«Oui, ce Colin Firth», explique le blog The Neurocritic au-dessus d’une photo de l’acteur britannique recevant son oscar pour le rôle du roi George VI dans Le Discours d’un roi. Explication: Firth a fait office, fin décembre, de rédacteur en chef invité de l’émission Today sur la radio BBC 4, durant laquelle il avait demandé à Geraint Rees d’analyser la structure du cerveau de deux hommes politiques volontaires, le conservateur Alan Duncan et le libéral Stephen Pound, qui ont subi une IRM. Le scientifique a complété l’échantillon par une base de données de scanners cérébraux de 90 étudiants de l’University College London, à qui on a demandé leurs idées politiques.

Cette recherche a donné lieu dans un premier temps à un article sur le site de la BBC:

«Les résultats montrent une forte corrélation entre les croyances politiques et deux régions précises du cerveau. La matière grise du cingulaire antérieur était significativement plus épaisse parmi ceux qui se décrivaient comme libéraux ou de gauche, alors que l’amygdale du cerveau, zone associée avec le processus émotionnel, était plus large chez ceux qui se considèrent conservateurs ou de droite.»

Ce premier article soulignait alors une des limites de la recherche: ces particularités physiques étaient-elles une cause du positionnement politique ou une conséquence? «Dans un sens, nous n’avons pas répondu à la question originelle de Colin Firth, mais ce qui a commencé comme un moment de détente s’est transformé en une recherche scientifique significative.»

La version définitive et scientifique de l’article est depuis abondamment débattue: le site ScienceMag, qui a interrogé des scientifiques, cite ainsi une neuroscientiste, Martha Farah, selon qui cette histoire est «attractive» et constitue un sujet «qui mérite d’être fouillé» mais avec «prudence»:

«Déjà, il n’est pas certain qu’une plus grosse amygdale —ou une plus grosse autre partie du cerveau— signifie quelque chose en termes de fonctions cérébrales et de comportement. […] Un autre problème est que la plupart des régions du cerveau ont des fonctions multiples.»

Photo: Colin Firth dans le film Le Discours d'un roi (See-Saw Films/Bedlam Productions).

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