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Et si Blair n'avait jamais dirigé l'Angleterre...

Temps de lecture : 2 min

Intéressante tentative de politique-fiction dans le Guardian: l’essayiste Francis Beckett, qui vient de consacrer un livre (The Prime Ministers Who Never Were) aux «quasi-Premiers ministres» britanniques, essaie d’imaginer à quoi ressemblerait un monde où Tony Blair ne serait jamais devenu Premier ministre.

Beaucoup l’ont oublié, mais son arrivée au 10, Downing Street était en effet liée à un événement imprévu, la mort le 12 mai 1994 du leader travailliste John Smith d’une crise cardiaque, à l'âge de 55 ans. Beckett imagine que, s’il avait survécu, ce dernier aurait conquis une majorité d’une centaine de sièges aux élections générales de 1997, surmontant les critiques de la frange «modernisatrice» de son parti, emmenée par Blair.

Dans les années qui suivent, il aurait mené une politique de financement égalitaire des écoles, aurait entamé un processus d’adhésion à la zone euro contre l’avis de son ministre Gordon Brown, aurait soutenu George W. Bush en Afghanistan mais se serait rangé aux côtés des Français en Irak ou, de manière plus anecdotique, aurait annulé le projet de Dôme du millénaire imaginé par les conservateurs. De leur côté, ce sont ces derniers, autour de leur leader Michael Portillo, qui auraient bougé vers une «troisième voie»… que Blair, rélégué au ministère de l’Education, aurait qualifiée de «vide» dans un discours «inhabituellement irrité».

En 2001, Smith aurait démissionné pour raisons de santé et laissé sa place pour dix ans à Ken Livingstone, représentant de l’aile gauche du Labour, alors que Brown aurait pris la présidence du FMI et «attendu avec une impatience croissante que Livingstone ne vienne plaider un renflouement de l’économie britannique à Washington».

Fin février, le Telegraph avait reproduit la liste établie par Beckett des dix plus importants «quasi-Premiers ministres» de l’histoire britannique. John Smith se classait troisième, deux rangs derrière Denis Healey, un dirigeant travailliste du début des années 80 qui, s’il avait pris la tête du parti, aurait pu «stopper la bascule idéologique à droite du pays» et maintenir un «secteur public florissant avec des monopoles naturels comme le rail encore aux mains de l’Etat». David Miliband, le frère de l'actuel leader du Labour Ed Miliband, se classe neuvième, l'auteur estimant qu'il aurait pu déloger Gordon Brown de la tête du parti en vue des législatives de 2010.

Photo: Tony Blair. LittleMissSilly via Wikimedia Commons.

Slate.fr

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