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Nucléaire: les lobbyistes allemands ont du mal à se faire entendre

Temps de lecture : 2 min

Au début des années 2000, l’Allemagne avait acté sa sortie du nucléaire d’ici 2022. Mais en octobre 2010, le gouvernement avait décidé la prolongation de la durée de vie des centrales nucléaires allemandes.

La catastrophe de Fukushima a changé la donne. En effet, c’est sur cette loi qu’Angela Merkel a annoncé un moratoire le 17 mars dernier. Lors de ce revirement, la chancelière a aussi ordonné la fermeture temporaire des réacteurs les plus anciens pour un examen approfondi de leur sécurité. Deux commissions doivent aider le gouvernement à mettre au point une nouvelle politique énergétique d’ici juin. Avec cet arrêt d’activité temporaire (ou définitif?), la question de l’approvisionnement énergétique et de l’explosion des prix inquiète évidemment les lobbys. Le quotidien conservateur Die Welt se faisait récemment l’écho de leurs arguments:

«Depuis le moratoire, l’Allemagne est devenue importatrice nette d’électricité. C’est en tout cas la conclusion des données de la BDEW, la fédération allemande des entreprises énergétiques. Avant le moratoire, l’Allemagne exportait entre 70 et 150 gigawatts/h par jour. Mais depuis l’extinction des centrales, le scénario s’est inversé, et l’Allemagne importe 50 GwH par jour. "Les quantités d’électricité venues de France ou de République tchèque ont doublé", confie Hildegard Müller, présidente de la BDWE. [...] "L’effondrement de la production d’électricité issue des réacteurs allemands est également la cause d’une flambée des prix de tous les produits échangés", poursuit-elle.»

Dans un article intitulé «Les mythes du lobby nucléaire», le quotidien de gauche Die Zeit tente de mettre à bas quelques arguments aussi récurrents que «peu loyaux». Pour contrer cette idée d’une «Allemagne importatrice d’énergie», le journal donne la parole à Michael Ritzau, chef du bureau de contrôle BET (Büros für Energiewirtschaft und Technische Planung):

«Mathématiquement, nous n’avons pas besoin d’importer de KwH d’énergie nucléaire, parce qu’il n’y aura aucune mise en péril de l’approvisionnement. Jusqu’en 2015, le réseau allemand sera équipé de nouvelles centrales à charbon et à gaz, qui fourniront une puissance globale de 12 000 mégawatts. En parallèle, la puissance du courant électrique vert devrait fournir, d’ici à 2015, encore 20.000 MW supplémentaires.»

De même, face à la menace de black-out dans le sud de l’Allemagne évoqués par les lobbyistes du nucléaire, l’experte en énergie de Greenpeace parle de «semeurs de panique à deux balles», et donne sa version au Spiegel:

«L’augmentation des importations est bien d’avantage due à la réaction des marchés de l’électricité, qui cherchent toujours les fournisseurs les moins chers. Et en ce moment, il est possible que l’électricité la moins chère provienne des centrales françaises.»

Photo: la centrale nucléaire allemande Isar II. bagalute via Flickr CC License by.

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