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Comment lutter contre la résistance des bactéries aux antibiotiques?

Slate.fr, mis à jour le 05.04.2011 à 19 h 12

A la suite des travaux d'Alexander Fleming, Howard Florey et Ernst Chain découvraient, en 1940, comment utiliser la pénicilline (substance antibiotique) pour tuer les germes dans un corps. Déjà à cette époque Alexander Fleming mettait en garde sur le fait que «les gens ignorants peuvent facilement exposer les microbes à des quantités de drogues non létales qui les rendraient résistants». Aujourd’hui, explique The Economist, la résistance aux antibiotiques est devenue un problème coûteux et dangereux. Des épidémies peuvent se propager tandis que les bactéries seraient résistantes aux traitements dont nous disposons actuellement.

Les causes d’abus de ces médicaments sont nombreuses. Il n’est pas rare que ces usages excessifs interviennent lorsque le patient ne paie pas. Il est également possible que le médecin prescrive des antibiotiques pour soigner des maladies virales comme le rhume ou la grippe ou pour se débarrasser des hypocondriaques.

Dans certaines parties du monde, les antibiotiques sont en vente libre sans ordonnances, ni diagnostiques. De plus, le développement de la résistance des bactéries n'est pas due uniquement aux personnes malades. Selon Louise Slaughter (microbiologiste, membre du Congrès américain) les 4/5 des antibiotiques utilisés aux Etats-Unis sont donnés au bétail afin de renforcer leur santé et de les faire grandir plus rapidement. Ainsi, à court terme la viande est produite pour un moindre coût.

Si les bactéries résistent, les maladies durent plus longtemps et sont plus graves. Les Etats-Unis sont riches et peuvent se le permettre, mais les pays pauvres n’ont pas cette chance et le coût des médicaments absorbe souvent une grosse part du budget alloué à la santé. De plus, les gains provenant de l’utilisation excessive d’antibiotiques sont privés alors que les pertes sont publiques.

Le journal The Economist détaille trois comportements que nous pouvons adopter. Tout d’abord ne rien faire, mais nous contribuons ainsi implicitement à l’augmentation de la résistance des bactéries. Une autre solution serait de freiner les abus, mais cela impliquerait que les gouvernements et les entreprises agissent de manière concrète. Selon un article publié en février par James Hughes (professeur à l’Université Emory à Atlanta, en Géorgie) 50% de l’utilisation des antibiotiques est inutile. Il s’agirait donc d’améliorer l’éducation des patients, d’augmenter la sévérité des médecins, de contrôler les faux médicaments donnés aux patients souvent à leur insu mais aussi d’abolir l’usage agricole des antibiotiques. Enfin, une dernière proposition serait de faire de nouveaux antibiotiques auxquels les bactéries ne sont pas résistantes.

Photo: Capsulses 1 / Original uploader was ElsBrinkerink at nl.wikipedia

 

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