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On pourrait être accro à la nourriture, comme aux drogues

Slate.fr, mis à jour le 05.04.2011 à 18 h 16

L'addiction alimentaire peut être comparée à la dépendance aux drogues. C'est ce que démontre une étude mise en ligne le 4 avril et révélée par le Washington Post. Menée par des chercheurs du centre Rudd de l'Université de Yale, cette étude s'est concentrée sur le cas de 39 femmes.

L'enquête a été élaborée sur la base d'un questionnaire de vingt-cinq questions. «Je constate que je ressens un fort désir de manger certains aliments alors que j'ai arrêté ou réduit ma consommation de ceux-ci», ou encore «Ma façon de consommer provoque chez moi une forte détresse». Les réponses semblent donner raison à la théorie des chercheurs de Yale, poursuit le Washington Post. Certaines femmes étudiées présenteraient même un comportement proche de celui d'un toxicomane.

Pourtant, le parallèle entre l'addiction aux drogues et l'addiction à la nourriture souligné par ce travail n'est pas reconnu par l'Association américaine de psychiatrie. Encore moins le fait que ce trouble puisse être classé comme une pathologie mentale, poursuit le quotidien américain.

A l'inverse, Vincent Dodin, psychiatre, professeur agrégé de psychiatrie et spécialiste des dépendances, parle plus facilement du problème comme d'une pathologie, comme il le rappelle dans une interview donnée au site passeportsanté.net:

«Chez les gens qui souffrent de troubles alimentaires, le fait d'avoir à suivre un rythme alimentaire normal génère de grands inconforts, très semblables à ceux que vivent les gens en manque de cigarette ou de drogue. Ensuite, quand le manque ressenti est comblé –en mangeant ou en ne mangeant pas, selon le cas–, la personne ressent un soulagement profond, mais de très courte durée.»

Outre le questionnaire, l'équipe de scientifiques américains a utilisé l'IRM afin d'enregistrer l'activité du cerveau de ces 39 femmes alors qu'on leur présentait l'image d'un magnifique milk-shake au chocolat avant de pouvoir le goûter. L'IRM a confirmé que les zones cérébrales attachées au désir ont été fortement sollicitées par l'image du chocolat chez les femmes présentant des troubles. Mais au lieu que leur désir diminue une fois le produit testé, il s'est maintenu, provoquant l'envie d'en consommer toujours plus.

Photo: Red Raspberry fruits/ epSos.de via Flickr CC License by

 

 

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