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Un studio de ciné américain attaque 5.865 internautes pour un film dont il ne détient pas les droits

Slate.fr, mis à jour le 04.04.2011 à 16 h 37

Le studio de cinéma Camelot attaque 5.865 internautes ayant téléchargé illégalement le très obscur film Nude Nuns with Big Guns. Cette plainte, rendue publique le 7 mars aux Etat-Unis, pourrait déboucher, si la compagnie gagne son procès, sur une manne financière d'environ 879.750.000$ (618.518.794 euros), explique Hollywood Reporter. A titre d'exemple, c'est plus que ce qu'a rapporté le film Avatar au box-office américain.

Nouveau moyen de coercition

Ce procès contre le téléchargement illégal pourrait créer un précédent. Dans cette affaire, Camelot demande à la cour de justice fédérale de publier un ordre obligeant les fournisseurs d'accès (Internet service providers of the United States, ISPS) à révéler les identités d'abonnés dont les adresses IP ont été épinglées. Si les juges fédéraux acceptent, cela pourrait être le début d'un nouveau moyen de coercition pour l'industrie du film américain contre le téléchargement illégal.

Ce type de poursuite se fait de plus en plus courante aux Etats-Unis, rappelle International Business Times. Elle permet aux petites boîtes de production, lorsqu'elles gagnent leur procès, de compter sur de nouvelles entrées d'argent.

Prêt de 650.000 dollars

Mais c'était sans compter l'intervention d'une autre compagnie américaine, Incentive Capital, qui poursuit Camelot devant la cour fédérale de l'Utah, rapporte Wired. Selon elle, Camelot ne serait pas propriétaire des droits du film Nude Nuns with Big Guns.

«Ils ne sont pas propriétaires du film. Nous sommes les propriétaires légaux du titre», a expliqué Joseph Pia, l'avocat d'Incentive Capital, à Wired.

Incentive Capital fonde sa poursuite sur un litige lié à un prêt de 650.000 dollars fait à Camelot le 27 avril 2010. Grâce à cette somme, Camelot a pu acquérir les droits sur une filmothèque de 880 titres incluant notamment Nude Nuns with Big Guns lors d'une vente aux enchères organisées par Incentive Capital.

Sauf que Camelot ne lui aurait pas remboursé ce prêt. De fait, Incentive Capital s'estime aujourd'hui en droit d'interrompre la cession des titres.

«Incentive Capital n'a aucun droit», a rétorqué Camelot durant son procès. Une audience sur ce cas précis est programmée pour le 13 avril. Selon Wired, elle sera probablement retardée ou abandonnée après la polémique suscitée par l'affaire.

Photo: L'affiche de Nude Nuns with Big Guns

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