Culture

A la recherche des Moby Ducks

Slate.fr, mis à jour le 31.03.2011 à 15 h 16

Après le Capitaine Achab en quête de Moby Dick, la baleine blanche, voici Donovan Hohn en quête des Moby Ducks. Ces canards de bain –mais aussi des tortues bleues, des castors rouges et des grenouilles vertes (pour un total de 28.800 animaux de plastique)– s'étaient perdus en mer. Ils s'étaient échappés de conteneurs tombés d'un cargo, dans le Pacifique nord, en 1992, raconte The New York Times. Donovan Hohn, essayiste et auteur américain, est parti à leur recherche au début de l'année 2005, et a publié début mars 2011 un livre relatant cette épopée, Moby Duck.

«Je pensais interviewer quelques océanographes, parler à quelques récupérateurs (beachcombers), me renseigner à propos des courants et de la géographie arctique, et ensuite écrire un compte-rendu du voyage incroyable de ces jouets, et tout ça sans quitter mon bureau», raconte-t-il sur National Public Radio. Mais son premier contact a été Curtis Ebbesmeyer, qui publie une lettre d'information à destination des récupérateurs («Beachcomber's Alert»), et qui lui a fait comprendre «qu'on ne fait pas de récupération par téléphone […]. Il faut venir sur place et regarder soi-même», relate The Age.

Cette expérience est du coup devenue une odyssée, qui l'a conduit de Seattle en Alaska, puis à Hawaii, et enfin en Chine et en Arctique. Au cours de celle-ci, il s'est rendu compte de l'impact écologique énorme de ces animaux de plastique perdus en mer. Un impact dont il parlait déjà dans un article écrit en 2008 pour The New York Times: «Sea of trash» («mer poubelle»).

Comme Donovan Hohn est avant tout écrivain, détenteur d'un prix de l'académie des poètes américains, sa quête a pris un aspect artistique et philosophique. The Age explique qu'il a intégré à son enquête une histoire des canards et de leur rôle dans les œuvres d'art, ainsi qu'une histoire de l'exploration de l'Arctique et des désastres maritimes récents. Et finalement, «Hohn revient (comme Melville) aux thèmes de la mémoire, de l'enfance et de l'imminence de la parentalité», continue The New York Times. Il cherche ainsi à «comprendre tout ce qu'un canard jaune peut littéralement ou métaphoriquement représenter. […] Même s'il ne peut effectivement le faire, c'est après tout le cheminement, plus que le but, qui importe».

Photo: Rubber Duck #16 / securecat via Flickr, CC-Licence-by

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