Monde

La Chine bientôt première puissance universitaire?

Slate.fr, mis à jour le 31.03.2011 à 11 h 04

Harvard, Yale et Columbia seront-elles bientôt éclipsées par les universités de Tsinghua, Pékin et Shanghai? Aujourd'hui deuxième producteur d'articles universitaires derrière les Etats-Unis, la Chine pourrait bien les dépasser avant 2020, voire dès 2013. C'est ce qu'annonce un rapport de la Royal Society, une des plus vieille associations universitaires, «Connaissance, réseaux et nations» 2011 .

D'après The Guardian, entre 1993 et 2008, les Etats-Unis ont dominé le monde universitaire, mais leur part dans le nombre de publications  est passée de 26% à 21%. La Chine, quant à elle, a progressé de 4,4% à 10,2% sur la même période. Une avancée qui n'est pas due au hasard: la pays a augmenté son budget recherche de 20% chaque année depuis 1999, avec un total annuel de 70 milliards d'euros actuellement –à titre de comparaison, les Etats-Unis investissent encore 280 milliards d'euros.

Mais la Chine n'est pas la seule à faire de l'ombre aux puissances académiques traditionnelles: le rapport de la Royal Society montre que des pays comme l'Iran, la Tunisie et la Turquie développent de plus en plus leurs universités. Chris Llewellyn Smith, directeur de la recherche sur l'énergie à l'univeristé d'Oxford, complète:

«Le monde scientifique est en train de changer et de nouveaux acteurs apparaissent rapidement. Au-delà de l'émergence de la Chine, on peut voir la montée de l'Asie du Sud-Est, du Moyen-Orient, de l'Afrique du Nord et d'autres nations.»

Et si l'ascension de la Chine reste la plus impressionnante, le Brésil, l'Inde et la Corée du Sud la suivent de près. Ces nations surpasseront bientôt la production académique de la France et du Japon dès le début de la prochaine décennie.  L'Université de Sao Paulo publie déjà plus que Cambridge et fait désormais partie des 20 universités les plus prolifiques, fait remarquer The Telegraph.

Au niveau des sujets d'étude, c'est le statu quo.  Le Brésil se concentre plus sur l'agriculture alors qu'en Chine, l'ingénierie domine. Selon Chris Llewellyn Smith, l'université chinoise pourrait devenir leader sur la recherche en nanotechnologie:

«Le fait est qu'ils ont injecté de l'argent dans la nanotechnologie et qu'ils recrutent des chercheurs du monde entier avec des laboratoires très attractifs.»

Et le directeur du rapport d'avertir:

«Aucune nation traditionnellement dominante dans le paysage universitaire ne peut se permettre de se reposer sur ses lauriers si elle veut continuer de profiter de l'avantage économique d'être un leader sicentifique.»

Sur la période 2004-2008, la part de publication universitaire de la France reste de 5%, et a fait preuve d'une progression de 2,5% chaque année entre 1996 et 2007.

La bonne nouvelle de ce rapport: les collaborations entre universités du monde entier n'ont jamais été aussi vivaces. Une coopération qui ne peut que contribuer à répondre aux nouveaux défis de la mondialisation, d'après Chris Llewellyn Smith.

Photo: Chinese student surfing in the net / CAS Svenska Cellulosa Aktiebolaget via Flickr CC License by

Slate.fr
Slate.fr (9125 articles)
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte