Monde

La confusion autour de la radioactivité à Fukushima

Slate.fr, mis à jour le 28.03.2011 à 14 h 46

La plus incroyable confusion règne concernant les taux de radioactivité auxquels sont continuellement exposés les ouvriers travaillant au sein de la centrale nucléaire de Fukushima Dai-icchi, comme le relève ce lundi La Voix du Nord.

Saura-t-on jamais la vérité sur les conséquences sanitaires de l’accident majeur de la centrale nucléaire japonaise de Fukushima Dai-ichi? Personne ne semble en mesure de maîtriser la situation et la crédibilité des informations. Dimanche 27 mars, les responsables de Tokyo Electric Power Co (Tepco), l’exploitant privé, annonçaient que l’eau accumulée dans les turbines du réacteur n°2 dégageait un niveau de radioactivité «dix millions de fois plus élevé» qu'en temps normal. Lundi 28 mars, ils reconnaissaient s’être trompés et avoir péché par excès: le niveau de radiation «n’était que» 100.000 fois supérieur à la normale. Sakae Muto, vice-président de Tepco a aussitôt présenté ses excuses.

L'annonce de la hausse du niveau de radioactivité a entraîné l'évacuation des techniciens s'employant à relancer le processus de refroidissement du réacteur, rapporte Le Monde. Quels sont les taux cumulés de radioactivité auxquels ont déjà été exposés les ouvriers travaillant à prévenir les risques d’une aggravation de la situation? Tout laisse redouter que –comme dans le cas de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl– des irradiations massives puissent provoquer chez eux des cas gravissimes de «syndrome aigu d’irradiation».

Un responsable de Tepco a d’autre part reconnu lors d'une conférence de presse que les experts devaient encore déterminer où il fallait évacuer l'eau contaminée pompée dans les bâtiments. Tepco a fait savoir qu'il utilisait désormais de l'eau douce et non plus de l'eau de mer pour refroidir une partie des réacteurs, de crainte que des dépôts de sel entravent le processus de refroidissement. Deux des six réacteurs de la centrale seraient aujourd’hui considérés comme stabilisés; les quatre autres, qui émettent par intermittence de la vapeur ou de la fumée, continuent à  susciter des inquiétudes.

Les contaminations radioactives n’émanent pas que de la centrale installée sur le littoral. Les niveaux de radioactivité relevés au large dans l'eau de mer sont aussi en augmentation. Les taux d'iode 131 était 1.850 fois supérieur au niveau habituel le 27 mars contre 1.250 la veille selon les données fournies par l'Agence japonaise de sûreté nucléaire et industrielle.

Mais selon cette Agence, «il n’y a pas lieu de craindre pour la santé»: les particules de radioactivité devraient être suffisamment dispersées et diluées pour ne pas mettre en danger la vie marine et permettre de ce fait la consommation de poissons. Dans la matinée du 27 mars, l’agence Reuters précisait qu’à Tokyo la dose de radioactivité ambiante était de 0,22 milliSievert par heure, soit six fois la normale pour la ville. Cela resterait néanmoins dans la fourchette de la moyenne mondiale de radioactivité naturelle, comprise entre 0,17 et 0,39 milliSievert/heure.

«Il s'agit d'un accident très grave, selon tous les critères, et ce n’est pas fini», a déclaré au New York Times Yukiya Amano, directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique. Selon lui, les problèmes nucléaires et sanitaires auxquels le Japon est confronté pourraient bien durer des semaines encore, sinon des mois.

Photo: Le réacteur n°4 de Fukushima, photographié par Tepco, le 22 mars 2011.

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