France

Les cinq chiffres clés des cantonales

Slate.fr, mis à jour le 28.03.2011 à 12 h 29

Dernier tour de chauffe avant l'élection présidentielle, le second tour des élections cantonales a livré un verdict sans surprise. Sur fond d’abstention massive, la gauche confirme sa victoire, l’UMP sa défaite et le FN son implantation dans le paysage politique français.

55%: l’abstention premier parti de France

Les électeurs ne se sont pas davantage mobilisés au second tour des élections cantonales qu’ils ne l’avaient fait lors du premier, le dimanche 20 mars dernier. Le taux d’abstention atteint les 55% selon les chiffres donnés par le ministère de l’Intérieur.

A titre de comparaison, en 2004, l’abstention avait atteint 33,51% tandis qu’en 2008, elle était de 44,53%. Contrairement aux élections cantonales de 2004 couplées avec celles des régionales ou en 2008 qui avaient lieu en même temps que les élections municipales, on ne votait que pour les élections cantonales ce dimanche 27 mars.

Dans l’édition de Libération daté du 28 mars (lien payant), le journaliste Lilian Alemagna évoque «une banalisation de la désertion des urnes qui confirme la défiance des citoyens vis-à-vis de ses responsables politiques: depuis la parenthèse de la présidentielle de 2007, un Français sur deux ne va plus voter. Ils sont, à chaque fois, un peu plus nombreux à déserter l’isoloir. A un an de la présidentielle, la démocratie française va mal».

60 départements à gauche 

Déjà implanté dans 58 départements, l’objectif annoncé par le Parti socialiste avant le début des élections était de faire basculer entre 4 à 8 conseils généraux à gauche. Contrat rempli a minima, mais contrat rempli tout de même puisque le Jura et les Pyrénées-Atlantiques sont passés à gauche.  Mayotte devrait également connaître le même sort puisque l’UMP alliée au Nouveau Centre a perdu sa majorité dans l’île.

Comme l’indique le Monde, le Parti socialiste pourrait également«remporter la Loire et la Savoie. Dans ces deux départements, un éventuel basculement dépend de quelques élus sans étiquette. Pour connaître leur couleur politique, il faudra donc attendre l'élection des exécutifs, qui aura lieu jeudi 31 mars, comme dans tous les départements». Au total, la gauche sort donc en tête dans plus de 60 départements. Un score que la première secrétaire du PS, Martine Aubry a accueilli avec «avec humilité, responsabilité mais aussi détermination».

1 département passe à droite

Seul département à résister à cette vague rose et unique gain de la soirée pour la droite: le Val d’Oise. Cet ancien fief de Dominique Strauss-Kahn a basculé dans l’escarcelle de la majorité, l’UMP «reprenant l’avantage sur la gauche à l’assemblée départementale avec deux sièges d’avance», confirme le Monde.

118 élus pour le Front de gauche

Sous l’étiquette Front de gauche, le Parti communiste a réussi à conserver ces deux bastions dans l'Allier et le Val-de-Marne. En Seine-Saint-Denis et dans le Limousin, le «grand parti de la classe ouvrière» est même parvenu à résister à l’offensive des écologistes. Avec 118 élus dont 5 du parti de gauche contre 104 élus communistes, le Front de gauche s’est imposé comme la «deuxième force à gauche» selon le secrétaire général du PC, Pierre Laurent.

Les écologistes ne sont pas en reste et parviennent à doubler leur nombre d'élus, de 24 à 49. Secrétaire générale d'Europe Ecologie Les Verts, Cécile Duflot a quant à elle parlé d'une «affirmation de l’écologie politique».

2 élus pour le Front national

En duel dans 394 cantons, le Front national nourrissait de grandes ambitions. Le vice-président du parti Louis Aliot n’avait-il pas promis une dizaine d’élus frontistes au soir du second tour? Le parti de Marine Le Pen devra se contenter de deux élus seulement. A Carpentras dans le Vaucluse, Patrick Bassot a été élu avec 54,34% des voix face au socialiste sortant Michel Bayet tandis qu’à Brignoles dans le Var, Jean-Paul Dispard a été élu de justesse avec 50,03% des suffrages face au conseiller général communiste sortant Claude Gilardo, soit un écart de 5 voix. Louis Aliot et Steeve Briois ont respectivement été tenus en échec à Perpignan et à Hénin-Beaumont.

Malgré son faible nombre d’élus, le Front national a bénéficié d’une progression de voix entre les deux tours. Interrogé par Le Monde, Frédéric Dabi de l’Ifop explique que ce report de voix fait partie des enseignements à retenir en vue de la présidentielle: «Le FN est un parti sans alliés, qui, traditionnellement, ne réussissait pas à créer de dynamique d'entre-deux-tours. On voyait généralement le score du FN être contenu, voire reculer (…) Il y a une porosité avec une partie de l'électorat de l'UMP. Pour beaucoup de ces derniers, comme le montre un sondage Ifop récent pour France-Soir, le FN est devenu un parti comme les autres

Photo: REUTERS/Eric Gaillard

Slate.fr
Slate.fr (9125 articles)
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte