Monde

Libye: elle dit avoir été violée par les milices, elle disparaît

Temps de lecture : 2 min

Le gouvernement libyen a affirmé dimanche soir avoir libéré Iman Al-Obeidi, la femme qui avait fait irruption dans un hôtel de Tripoli samedi pour dire aux journalistes étrangers qu'elle avait été violée par des hommes de Kadhafi.

Alors qu'elle racontait avoir été brutalisée et violée par une quinzaine d'hommes pendant deux jours, des serveurs et des gardes de l'hôtel se sont emparés d'Iman Al-Obeidi pour la faire taire en l'emmenant hors de l'hôtel (se battant avec certains journalistes, comme le montre la vidéo ci-dessous):

Un porte-parole du gouvernement libyen a affirmé qu'elle n'était plus en garde à vue et qu'elle était désormais avec sa soeur dans la capitale libyenne, mais sans proposer de preuves de son retour chez elle. Dans une interview avec l'Associated Press, le porte-parole l'avait accusée d'être une prostituée et une criminelle, une allégation qu'il n'a pas répété lors de la conférence de presse tenue à son propos. Il a aussi dit qu'elle avait refusé d'être examinée pendant sa garde à vue.

Le Daily Beast note à ce propos qu'il est «difficile d'imaginer qu'une femme venant d'être violée par des forces gouvernementales se soumettrait de son plein gré à un examen gynécologique effectué par des représentants de ce même régime».

Quatre hommes auraient été arrêtés à la suite des affirmations d'Iman Al-Obeidi , l'un d'entre eux étant le fils d'un haut responsable de la police libyenne, a affirmé le vice-ministre des Affaires étrangères. Celui-ci avait auparavant affirmé qu'elle avait une rencontre organisée avec eux, cherchant ainsi à la discréditer, analyse le Daily Beast.

Le Washington Post a contacté la mère d'Iman Al-Obeidi, qui explique n'avoir pas pu lui parler à elle ou à sa soeur depuis sa supposée remise en liberté, et ne pas pouvoir confirmer qu'elle a bien été libérée. Sa mère affirme que sa fille a 26 ans et étudie le droit à Tripoli, et se dit très fière d'elle.

Le porte-parole libyen a dit qu'il ne pouvait faire en sorte que les journalistes voient Iman Al-Obeidi parce que sa famille s'y refusait, pour des raisons d'«honneur». Mais le père de la jeune femme dit au contraire que la famille n'aurait aucun problème à ce qu'elle parle aux journalistes, mais qu'on ne lui a jamais fait cette demande:

«La seule communication qu'on a eu avec eux, c'est quand ils nous ont appelé à 3 heures du matin» en proposant de l'argent si sa fille revenait sur ses propos, affirme-t-il au Washington Post.

Dimanche 27 mars, le lendemain de son arrestation et le jour de sa supposée remise en liberté, des femmes portaient une banderole à son effigie lors d'une manifestation à Benghazi:

Photo: Des femmes portent une banderole à l'effigie d'Iman Al-Obeidi lors d'une manifestation à Benghazi, le 27 mars. REUTERS/Suhaib Salem

En savoir plus:

Slate.fr

Newsletters

À Londres, les élites déclarent la guerre aux sous-sols géants

À Londres, les élites déclarent la guerre aux sous-sols géants

Les propriétaires des quartiers chics londoniens ne veulent plus des extensions souterraines démesurées des résidences de leur voisinage.

La Chine fait précisément ce que Trump lui a demandé de ne pas faire

La Chine fait précisément ce que Trump lui a demandé de ne pas faire

Certains experts estiment que Pékin pourrait bien laisser décroître encore plus la valeur de sa monnaie par rapport au dollar.

Transition des jeunes trans*, quand science et militants divergent

Transition des jeunes trans*, quand science et militants divergent

L'article d'une chercheuse américaine, qui examine la possibilité d’un effet de dynamique de groupe pour les jeunes filles s’identifiant comme trans*, a suscité l'ire de certains groupes militants.

Newsletters