Life

La mini-carotte, le légume déguisé en junk food

Slate.fr, mis à jour le 25.03.2011 à 15 h 44

Comment faire manger des légumes aux gens, au royaume des snacks et de junk food? En les faisant justement passer pour de la junk food.

C'est ce qu'ont choisi de faire Jeff Dunn, directeur général des fermes Bolthouse (l'un des plus gros producteurs de mini-carottes des Etats-Unis), et Omir Farhang, vice-président et directeur artistique de l'agence de publicité Crispin Porter + Bogusky, selon le magazine Fast Company.

Dans un pays où l'obésité devient le mal principal, le magazine explique les idées de Jeff Dunn:

«Si tout ce qu'on fait est de dire aux gens que les fruits et les légumes doivent faire partie de leur régime alimentaire sinon ce régime ne sera pas sain —l'approche rationnelle— nous n'avons aucune chance […]. Les 10 dernières années l'ont prouvé. Il y a eu tellement de choses écrites et de messages du gouvernement

Ainsi, lorsque Jeff Dunn décida de se lancer dans le commerce des bébé-carottes, il fit appel à diverses agences de publicité, qui toutes lui proposaient de promouvoir la carotte comme un légume sain, comme un «antidote à la junk food».

Seule Crispin Porter + Bogusky proposa des idées nouvelles: «La vérité sur les mini-carottes, c'est qu'elles possèdent la plupart des caractéristiques qui définissent notre junk food favorite. Elles sont orange fluo, elles sont croustillantes, on peut les tremper dans des sauces, elles sont aussi un peu addictives», pense ainsi Omid Farhang, toujours dans le magazine Fast Company. Ils produirent donc une publicité digne d'un film d'action, pour un budget de 25 millions de dollars (comprenant panneaux publicitaires, médias sociaux et publicité télévisuelles).

Omir Farhang et Jeff Dunn ont choisi des emballages délibérément semblables à ceux des chips ou des nachos: couleurs acides, fenêtre permettant de voir les légumes, et emballage fait d'un plastique plus résistant et opaque, comme on peut le voir sur le site Design du magazine Fast Company.

Le marché est pour l'instant toujours dominé par les «snacks» salés et leurs 18 milliards de dollars de chiffre de vente par an, comme l'indique le Chicago Tribune.

Photo: détail d'un des paquets de mini-carottes

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