Monde

Le président du Yémen de plus en plus isolé

Slate.fr, mis à jour le 21.03.2011 à 18 h 40

Le président yéménite Ali Abdullah Saleh a limogé son gouvernement après que plusieurs officiers haut-gradés ont exprimé leur soutien aux manifestants et appelé à sa démission. Vendredi 18 mars, des soldats du gouvernement ont ouvert le feu sur une manifestation à Sanaa, la capitale, tuant des dizaines de manifestants. Le massacre a déclenché l’indignation dans le pays et une vague de démissions au sein du gouvernement. En plus des défections des militaires, le chef tribal Sheik Sadeq al-Ahmar s’est également rangé du côté des manifestants; les ambassadeurs du Yémen en Syrie, au Liban et en Arabie saoudite ont également remis leur démission, tout comme le directeur de l’agence de presse d’Etat.

Le Monde rapporte également que l’un des principaux chefs de l’armée, le général Ali Mohsen Al-Ahmar, a accusé lundi 21 mars le président de «réprimer les manifestants pacifiques» et de «pousser le pays vers la guerre civile», et résume la situation de Saleh:

«Lâché par une partie des militaires, les tribus, les dignitaires religieux, le président yéménite, Ali Abdallah Saleh, 68 ans, est de plus en plus seul face à une opposition soudée.»

Saleh, qui accuse l’opposition d’être responsable des violences, a déclaré un jour de deuil national dimanche 20 mars en honneur des «martyrs de la démocratie». Si beaucoup dans le pays estiment que les jours du président sont comptés, le gouvernement a minimisé les manifestations dans un communiqué lundi 21 mars.

Le président Saleh a ainsi annoncé:

«Nous sommes toujours là… la grande majorité du peuple yéménite sont du côté de la sécurité, de la stabilité et du droit constitutionnel. Ceux qui appellent au chaos, à la violence et au sabotage ne représentent qu’une petite minorité.»

Un porte-parole du gouvernement a déclaré:

«Ce gouvernement devait changer depuis quelques temps déjà; il a dépassé sa date limite. Ce n’est pas une grosse surprise.»

En France, le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé a déclaré lors devant ses homologues européens à Bruxelles:

«Nous le disons au Yémen, où la situation est en train de se dégrader, nous estimons aujourd'hui que le départ du président Saleh est incontournable.»

Photo: Un manifestant au Yémen le 21 mars 2011, REUTERS/Khaled Abdullah Ali Al Mahdi 

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