Monde

Le Japon envisage d'isoler la centrale avec du béton

Slate.fr, mis à jour le 18.03.2011 à 18 h 28

 » A regarder, notre grand format des images du séisme


- Vendredi 18 mars -

18h04 [Reuters] Si l’arrosage sur les réacteurs endommagés ne suffit plus à contenir les radiations, les ingénieurs japonais ont reconnu qu’il pourrait être nécessaire d’ensevelir la centrale dans du sable et du béton, une stratégie qui rappelle le sarcophage de béton construit autour de la centrale de Tchernobyl en 1986.

Il s’agirait du dernier recours, et les autorités espèrent que l’électricité pour alimenter les pompes d’eau sera rétablie d’ici au dimanche 20 mars. Un porte-parole de Tokyo Electric Power Co. A déclaré:

«Il n’est pas impossible de recouvrir les réacteurs de béton. Mais notre priorité est actuellement de les refroidir avant tout.»

16h35 [France Culture] Le site de France Culture publie un intéressant article de mise en perspective de la catastrophe japonaise à partir de différentes cartes —les plaques tectoniques, la hauteur du tsunami, la densité de population... Un «recours aux échelles géographiques» qui permet d'essayer de comprendre les différentes dimensions spatiales de la crise: pourquoi le séisme n'a pas fait plus de morts, par exemple.

Proglio veut «renforcer l'atout nucléaire de la France»

15h [Le Monde via AFP via Le Point] Dans une tribune au Monde daté de samedi, le patron d'EDF Henri Proglio promet de «tirer les leçons» des
évènements afin de rendre les installations «plus sûres» et de «renforcer l'atout nucléaire de la France». Dans une lettre interne, il avait auparavant appelé ses salariés à «la mobilisation» dans «cette période délicate pour l'industrie nucléaire», ce qui déclenché la colère des députés Verts.

14h55 [The Wall Street Journal] Le quotidien économique américain a obtenu du Pentagone l'information selon laquelle un drone de l'armée surveillait la situation au-dessus de la centrale de Fukishima, comme cela avait déjà été le cas l'an passé au moment du tremblement de terre en Haïti.

«Jamais vu un calme pareil»

14h45 [Time] Des milliers de Japonais mettent leur vie en péril pour essayer de refroidir les réacteurs nucléaires. Qu'est ce qui les pousse au sacrifice? Dans une interview à Time, le psychologue américain Philip Zimbardo, connu pour avoir mené l'expérience de Stanford, dans laquelle des volontaires de l'université éponyme étaient mis dans la peau de prisonniers et de gardiens, répond à quelques questions sur la thématique de l'héroïsme et du sacrifice en se focalisant sur l'importance du groupe au Japon:

«Ce qui est merveilleux chez les Japonais, c'est qu'ils représentent un exemple de puissance pro-sociale du groupe. Le groupe devient une entité à part entière, qui décide, implicitement ou explicitement, ce qu'il faut faire [...]. Le journaliste Anderson Cooper affirme qu'il n'a jamais vu un calme pareil dans une telle situation de malheur».

Philip Zimbardo travaille sur l'influence du groupe sur le comportement des individus et sur la puissance de la pression de l'entourage, qui peut conduire à l'héroïsme comme au suicide:

«Les dynamiques internes du groupe sont un facteur important. Le groupe a beaucoup de normes. Si on les suit, alors on nous accorde le respect. Si on les viole, dans certains cas, même une seule fois, on est exclu. Quand le groupe est vraiment important pour vous, qu'il est votre groupe de référence, que votre identité propre y est liée, s'il vous rejette, vous aurez l'impression que votre vie prend fin»

12h50 [AFP] Le Premier ministre japonais Naoto Kan a déclaré que la centrale de Fukushima faisait toujours face à «d'énormes difficultés» et que l'Etat allait prendre «fermement» le contrôle de la situation là-bas.

12h40 [Le Parisien] D'après le quotidien francilien, l'ancien président de la République Jacques Chirac, «grand connaisseur du Japon, où il s'est rendu une vingtaine de fois, [...] vient d'envoyer une lettre à l'empereur Akihito pour lui exprimer son chagrin et son soutien après le séisme et le tsunami meurtriers». Il «s'est également manifesté auprès de l'ambassade du Japon en France et du gouvernement japonais». 

10h50 [AFP] L'agence de sûreté nucléaire japonaise a relevé son estimation du niveau de l'accident de 4 à 5 sur une échelle qui comprend sept niveaux, le plaçant au niveau de celui de Three Mile Island aux Etats-Unis. La France évalue elle le niveau de l'accident à 6. Par ailleurs, le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Yukiya Amano, a expliqué que le processus de refroidissement constituait une «course contre la montre».

9h50 [Reuters] L'agence Reuters consacre un long article d'analyse aux évènements qui se déroulent au Japon depuis une semaine: «Les Japonais ont longtemps vénéré la compétence bureaucratique du pays, spécialement en contraste avec ses dysfonctionnements politiques. Le Japon a également souvent fièrement choisi sa propre voie et décliné l'aide extérieure. Mais qu'arrive-t-il quand la compétence commence à faire défaut, et quand survient un désastre si écrasant que l'aide extérieure est vitale?». Le journaliste y compare les évènements actuels à un «cygne noir», en référence au livre publié par l'essayiste Nassim Nicholas Taleb après la crise financière, consacré à «la façon dont les visions communément partagées du risque excluent des évènements véritablement inattendus qui façonnent l'Histoire et les marchés».

9h15 [AFP] Le bilan du séisme et du tsunami est désormais officiellement plus lourd que celui de Kobe en 1995: selon les derniers chiffres annoncés par la police japonaise, il se monte à 6.539 morts, contre 6.434 morts il y a quinze ans. Un bilan auquel il faut rajouter les 10.354 disparus dénombrés plus l'instant, et qui fait de ce séisme le plus meurtrier depuis celui du Kanto en 1923, qui avait fait 142.807 morts et disparus.

Les autorités ont par ailleurs repris les opérations à Fukushima pour tenter de refroidir les réacteurs, en déversant des tonnes d'eau sur le réacteur 3 pour empêcher les réacteurs d'entrer en fusion. Selon Graham Andrew, conseiller spécial du directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIAE), «la situation reste très sérieuse à la centrale, mais il n'y a pas eu d'aggravation significative depuis hier» [jeudi]. La situation «ne s'est pas détériorée, ce qui est positif. Mais il est toujours possible qu'elle empire», a-t-il précisé.

Sur le plan économique international, les ministres du G7 ont annoncé une action «concertée» sur le marché des changes afin de lutter contre la flambée du yen, qui a atteint un record à la hausse jeudi avec seulement 76,36 yens nécessaire pour acheter un dollar.

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