Monde

Libye: l'ONU débat d'une autorisation de frappes aériennes

Slate.fr, mis à jour le 17.03.2011 à 16 h 57

Après des semaines de tergiversations, les Etats-Unis  font désormais pression pour que le Conseil de sécurité de l’ONU autorise des frappes aériennes contre l’armée de Mouammar Kadhafi. L’ambassadeur américain aux Nations unies a déclaré mercredi 16 mars qu’une zone d’exclusion aérienne ne servirait pas à grand-chose à ce stade, et que l’administration Obama veut faire autoriser le bombardement des tanks et de l’artillerie libyenne en cas de besoin. Le Conseil de sécurité de l’ONU va débattre d’une résolution en ce sens et également soutenue par le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne jeudi 17 mars.

Il s’agit d’un volte-face pour les Etats-Unis, qui avaient jusqu’à maintenant été réticents à toute intervention dans le conflit. Les Américains sont «alarmés par la vitesse à laquelle la révolte s’écroule et inquiets par la possibilité d’un massacre dans la ville de Benghazi, qui est actuellement aux mains des rebelles» écrit le Guardian.

Le ministre des Affaires étrangères français Alain Juppé a pour sa part écrit sur son blog mercredi 16 mars que des pays arabes étaient prêts à jouer un rôle important dans une éventuelle opération:

«Seule la menace de l’emploi de la force peut arrêter Kadhafi. […] Nous pouv(i)ons neutraliser ses moyens aériens par des frappes ciblées. C’est ce que la France et la Grande-Bretagne proposent depuis deux semaines. A deux conditions: obtenir un mandat du Conseil de sécurité des Nations unies, seule source de droit international en matière d’usage de la force ; agir non seulement avec le soutien mais aussi la participation effective de pays arabes. Cette deuxième condition est en voie d’être remplie: plusieurs pays arabes nous ont assuré qu’ils participeraient.  La France, avec la Grande-Bretagne et le Liban viennent de déposer, à New-York le projet de résolution qui nous donnerait le mandat attendu.

Les deux derniers membres du Conseil de sécurité de l’ONU ne sont pour le moment pas prêts à voter une résolution autorisant l’usage de la force. La Russie a annoncé qu’elle avait besoin de temps pour étudier la proposition, tandis que la Chine reste réticente, rapporte le Wall Street Journal.

Par ailleurs, le site controversé Debka File rapporte que la Secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton aurait récemment demandé à l'Egypte l'autorisation d'utiliser ses bases militaires pour préparer une éventuelle opération en Libye.

Photo: Un tank de l'armée libyenne le 17 mars 2011, REUTERS/Ahmed Jadallah 

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