Monde

Berlusconi: «33 femmes en deux mois, c'est trop»

Slate.fr, mis à jour le 16.03.2011 à 17 h 07

«J’ai 75 ans et même si je suis polisson, 33 femmes en deux mois me semble de trop, même pour un trentenaire.» C’est en ces termes que Silvio Berlusconi, qui fait l’objet d’une enquête pour prostitution de mineurs, a commenté le rapport d’enquête final du parquet de Milan dans une interview à la Repubblica. 

Durant longtemps, les «scandales -vrais ou supposés- n'ont pas suffi, pas plus que les enquêtes judiciaires ou les rumeurs les plus effrénées sur sa vie privée» à inquiéter le Président du Conseil italien, comme le rappelait sur Slate.fr Cesare Martinetti directeur adjoint de La Stampa, après la nouvelle victoire du Cavaliere aux élections régionales de mars 2010. Alors que l'immunité de Silvio Berlusconi a été en partie annulée par la Cour constitutionnelle, «Il Cavaliere» semble cette fois-ci nettement plus affaibli.

Appelé à être jugé en comparution immédiate par la justice italienne pour avoir eu des relations sexuelles tarifiées avec la jeune Karima El Mahroug surnommée «Ruby Rubacuori» («la voleuse de coeur» en italien), mineure au moment des faits, le rapport final du parquet de Milan rapporté par le Corriere Della Sera n'épargne pas le Président du Conseil italien. Selon cette enquête, Ruby aurait eu à «treize reprises des relations sexuelles avec Silvio Berlusconi, en échange d’une compensation financière et d’autres avantages». La jeune Marocaine n’aurait pas été seule au moment des faits puisque 32 autres jeunes femmes majeures auraient également participé à ces fameuses soirées.

«Je n'ai jamais payé une femme de ma vie»

Le Corriere affirme que 13 réunions seraient survenues dans la villa d’Arcore de Silvio Berlusconi entre le 14 février et le 2 mai 2010.  Selon le parquet de Milan, ces soirées étaient décomposées en trois phases: la première consistait en un dîner, la seconde intitulée «Bung-bunga» avait lieu dans une pièce similaire à une discothèque dans laquelle les participantes masquées réalisaient des strip-tease ou des danses érotiques. La troisième phase était plus intime puisqu’elle reposait sur le choix d’une ou plusieurs femmes avec lesquelles Silvio Berlusconi décidait de passer la nuit.

Dans la Reppublica, le Président du Conseil Italien nie en bloc les conclusions du rapport: «Les jeunes femmes faisaient un petit tour de danse en discothèque. Seules, parce que je n’ai jamais aimé dansé. Rien de plus. Et maintenant je vois ces choses hallucinantes.» Silvio Berlusconi a promis d’aller à la télévision pour s’expliquer et défendre son honneur. Affirmant «n’avoir jamais payé une femme de sa vie», il a d’ores et déjà promis d’assister à toutes les audiences du procès qui doit débuter le 6 avril à Milan.

En plus de l’enquête pour prostitution de mineurs, «Il Cavaliere» est également poursuivi pour «abus de pouvoir» puisqu’il aurait donné l’ordre de libérer «Ruby» lorsqu’elle fut arrêtée pour vol, le 27 mai 2009, en affirmant qu'elle était la nièce d'Hosni Moubarak. Un délit puni de quatre à douze ans d’emprisonnement. En début de semaine, une nouvelle enquête a d'ailleurs été ouverte par des procureurs italiens à la suite des révélations du journal de gauche, Il Fatto Quotidiano qui affirme que «deux Italiens s'étaient rendus au Maroc en février afin de soudoyer une employée du registre des naissances pour changer la date de naissance de "Ruby" de 1992 à 1990».

Photo: Il Presidente incaricato Silvio Berlusconi al termine dell'incontro con il Presidente Giorgio Napolitano, Presidenza della Repubblica, wikimedia.

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