Culture

Sommes-nous capables de nous priver d'Internet?

Temps de lecture : 2 min

Depuis le mercredi 9 mars, les catholiques ont entamé une période de Carême afin de se préparer à la fête de Pâques. Outre le jeûne, les pratiquants sont invités à d'autres privations volontaires afin «de rentrer en pénitence». Aujourd'hui, Internet façonne tellement notre mode de vie que certains catholiques décident par abnégation de se passer de Facebook durant cette période, comme le rapporte CNN.

Les médias sociaux (Facebook, Twitter...) sont tellement ancrés dans nos vies avec le développement de l'Internet mobile et la multiplication des supports pour y accéder, qu'il est très difficile de s'en priver. Interrogé par CNN, une catholique pratiquante qui a renoncé à Facebook l'an dernier l'explique:

«Quand j'ai essayé de penser à quelque chose dont j'ai vraiment abusé ces derniers temps, la seule chose qui me vient à l'esprit était Facebook. J'ai passé beaucoup de temps dessus.»

Elle constate aujourd'hui que cette période de renoncement lui a permis de mieux maîtriser son utilisation ultérieure des réseaux sociaux.

Une douleur quasi-physique

Une autre expérience de privation d'accès aux réseaux sociaux, non religieuse cette fois-ci mais sans doute aussi éprouvante a été lancée par l'Express en décembre 2010 «en privant pendant 24 heures de tout accès à la communication, moderne ou moins moderne, un groupe de six étudiants du Celsa et de Sciences-Po, et leur a confié une caméra pour auto-filmer leurs réactions, qu’une équipe de tournage professionnelle recueillait par ailleurs».

Sur son blog, le rédacteur en chef de l'Express Eric Mettout revient sur un résultat qu'il estime vraiment «étonnant» puisque sur la vidéo réalisée, le manque de téléphone portable et d'Internet semble «presque physique». Sylvain, l'un des étudiants quelque peu angoissé explique dans ce court-métrage qu'Internet est tellement inhérent à son mode de vie qu'un simple rendez-vous au théâtre avec des amis devient très compliqué à organiser.

Eric Mettout explique:

«Ils prennent certes leur cauchemar à la rigolade, sont des cas isolés, pour ne pas dire des caricatures, ils surjouent, c’est inévitable. Mais on ne peut s’empêcher de réfléchir à notre propre réaction dans une situation identique: et moi qu’est-ce que j’aurais fait?»

Et de conclure que sans Internet et accès à l'information, «nous ne sommes décidément pas grand-chose».

Photo: psychedelia, Aneek Bangabash, wikimedia. -

Slate.fr

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