Monde

La retraite dorée des anciens chefs d'État

Slate.fr, mis à jour le 14.03.2011 à 15 h 21

A la fin de leur mandat, les ex-présidents de la République ne redeviennent pas des citoyens comme les autres. Alors que France Soir a estimé à 1 million d'euros le coût annuel du traitement réservé à Jacques Chirac pour les contribuables français, le site MyEurop a montré que ce traitement ne représentait pourtant pas une exception en Europe.

Retraite, château, pension annuelle, personnel (19 fonctionnaires sont affectés à son service), Jacques Chirac conserve encore de nombreux privilèges depuis qu'il a quitté l'Élysée, le 16 mai 2007. En effet, notre ancien président de la République cumule les avantages réservés à ses anciens mandats (président de la République, maire de Paris, conseiller à la Cour des comptes et député de Corrèze) et sa pension actuelle en tant que membre de droit du Conseil constitutionnel.

Selon le quotidien France Soir:

«Ces privilèges avantages ont été légalisés en catimini par un statut mis en place, en 1983, par le président François Mitterrand en accord avec Valéry Giscard d'Estaing. Curieusement, ces dispositions n'ont jamais fait l'objet de la moindre publicité au Journal officiel et le Parlement n'a pas été consulté à ce sujet.»

Seule une lettre discrétionnaire de quatre pages du Premier ministre Laurent Fabius datant de 1985, adressée à l'ancien président Giscard d'Estaing, a permis de lever le voile sur ces avantages en nature.

La France n'est pas une exception

Si les Français «paient cher le train de vie de leurs ex-présidents», d'autres pays européens réservent également une «retraite dorée» à leurs anciens dirigeants.  Comme l'explique MyEurop dans un article comparatif, «les conditions faites aux ex-Premiers ministres britanniques et aux ex-présidents de la République italienne sont également assez substantielles» tout comme celui des «ex-présidents du gouvernement espagnol».

Parmi les différents pays passés en revue par MyEurop, seule l'Allemagne semble échapper à la règle puisque «le traitement d'un chancelier fédéral n'est pas différent de celui de ses ministres après son départ de fonction. Il peut conserver son logement de fonction pendant 3 mois et a droit à la totalité de sa solde (15.000 euros par mois), là encore pendant 3 mois, puis à la moitié pendant encore 21 mois. S'il retourne dans la fonction publique, il perd tout et touche son traitement régulier».

Photo:  Jacques Chirac, le 5 novembre 2010. REUTERS/Gonzalo Fuentes

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