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Votre médecin vous traite de gros? Remerciez-le

Slate.fr, mis à jour le 10.03.2011 à 11 h 37

Savez-vous que vous êtes en surpoids, voire obèse? La question paraît simple, et pourtant, il n'est pas si évident d'y répondre. On sait également qu'il peut être difficile d'évaluer son propre état physique. Une étude menée par des chercheurs de Harvard en octobre 2010 révélait que la plupart des obèses se trouvent plus minces de ce qu'ils ne le sont vraiment.

Et si les médecins avaient leur part de responsabilité dans cette vision faussée de notre physique? C'est en tout cas ce que semble montrer une nouvelle étude conduite par des scientifiques de la Medical University of South Carolina et de l'Imperial College de Londres, lit-on sur Time.

Publiée dans les Archives of Internal Medicine, l'étude montre que les médecins échouent dans leur rôle de révélateurs de problèmes de poids. Les chercheurs se sont fondés sur les données de 7.790 adultes qui ont participé à un sondage américain sur la santé et la nutrition (le NHANES): seulement 45% des participants en surpoids et 66% des obèses affirment avoir été alertés par leur médecin sur leurs problèmes de poids. Encore plus inquiétant, 37% des patients en surpoids et 19% des patients obèses n'ayant pas parlé de poids avec leur médecin ne savent pas qu'ils ont des problèmes de poids.

Cité par le Wall Street Journal, Robert Post, un des auteurs de l'étude, explique que comme les Américains ont grossi dans les dernières années, la plupart d'entre eux se comparent à leurs proches et ne se rendent pas compte qu'ils sont en surpoids. Il déclare que cette étude prouve qu'il est très important que les docteurs parlent à leurs patients de leurs probèmes de poids, même si ces derniers sont évidents. Ils peuvent utiliser un «ton neutre», affirme-t-il.

Dans un éditorial qui accompagne l'étude, Robert Baron, de la University of California, dresse un parallèle avec les fumeurs: les patients poussés par leurs médecins à arrêter de fumer sont plus susceptibles de le faire que ceux auxquels leur docteur ne dit rien. Robert Baron suggère donc aux docteurs de se servir du l'IMC (indice de masse corporelle) comme un «indicateur vital de routine», à signaler au patient comme une pression artérielle anormalement haute ou le taux de choléstérol.

Photo: Bogotá - Museo Botero, ydnammmm via Flickr CC License by

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