Culture

Comment les studios «gonflent» les entrées au cinéma

Temps de lecture : 2 min

Aux Etats-Unis, les studios de cinéma gonfleraient les premières estimations d’entrées de leurs films afin d’essayer de créer un climat favorable pour la suite: c’est la conclusion que tire le site BoxOfficeQuant à partir de l’analyse de 1.064 sorties outre-Atlantique entre 2003 et 2010.

Pour chacune, ce site de statistiques sur le cinéma a pris les estimations des entrées du week-end annoncées pour chaque film le dimanche matin (et qui donnent lieu à un grand nombre de réactions dans les médias) et les vrais chiffres du week-end publiés le lundi. Il constate que dans 716 cas (soit deux tiers), les vrais chiffres sont inférieurs aux premières estimations, et que celles-ci sont supérieures en moyenne de 6,38% aux chiffres finaux quand le film est dans sa première semaine d’exploitation (à la fois plus importante pour le studio et moins prévisible), ce chiffre baissant ensuite.

Cette «inflation» est très variable selon les studios, celle de Sony étant supérieure à 10% et celle de Dreamworks dépassant à peine 1%. Enfin, elle tend à être plus importante quand l’écart entre les deux premiers films du box-office est faible le samedi soir.

BoxOfficeQuant explique ainsi les origines de ces divergences de chiffres:

«Les studios de cinéma se préoccupent de cela parce qu’ils supposent que beaucoup de gens suivent la “sagesse des foules”. En d’autres mots, ils entendent parler d’un blockbuster et se disent: “Si tant de gens ont vu ce film, peut-être que je devrais moi aussi”. De plus, les studios utilisent souvent les chiffres du premier week-end pour leurs publicités de la semaine suivante (du genre “Venez voir le film numéro 1 aux Etats-Unis”).»

En décembre 2006, Slate.com consacrait un article à la façon dont les studios calculent les premières estimations d’entrées:

«Effectuer une projection le dimanche matin est assez proche de la façon dont les médias annoncent le résultat d’une élection à partir d’une poignée de bureaux de vote: vous comparez les chiffres que vous avez avec ceux du passé pour tenter de faire une prévision fondée.»

Abordant la question d’une possible surévaluation des chiffres, l’article expliquait:

«Généralement, un tel “bidouillage” ne sort pas d’Hollywood: les dirigeants tentés de se plaindre savent trop bien qu’un jour ils pourraient avoir envie de faire la même chose.»

Photo: kevinspencer via Flickr CC License by.

Slate.fr

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