France

Kadhafi, les journalistes du JDD et l'homme d'affaires libanais

Slate.fr, mis à jour le 08.03.2011 à 15 h 02

Pour le lancement de sa nouvelle version, le dimanche 6 mars, le Journal du Dimanche a réalisé un joli coup en recueillant sur plus de trois pages les confessions exclusives de Mouammar Kadhafi. Mais outre le ton jugé «complaisant» de l'interview, ce sont les circonstances qui ont permis sa réalisation qui font aujourd'hui débat, comme l'explique le Nouvel Obs.

En effet, le journaliste et le photographe du JDD qui ont réalisé l'interview du guide ont effectué «l'aller et retour Paris-Tripoli à bord d'un avion privé, affrété par les autorités libyennes, en compagnie de l'intermédiaire d'armement, Ziad Takieddine», comme l'a révélé l'Express.

Interrogé par le Nouvel Obs pour savoir si Ziad Takieddine était à l'origine de cette interview, le directeur de rédaction du JDD Olivier Jay, a refusé de répondre:

«On a choisi de ne pas faire de commentaire. Nous préservons le secret des sources.»

Directement questionné par le Post.fr, l'homme d'affaires libyen a pris moins de précaution et a reconnu avoir facilité le contact entre la rédaction du JDD et le chef d'Etat libyen:

«Bien sûr... J'ai entrepris cela dans une démarche positive. C'était un acte nécessaire pour faire comprendre à tous la situation en Libye.»

Un homme au parcours controversé

Une déclaration embarrassante compte tenu de la réputation controversée du personnage. Dès l'atterrissage de l'avion qui le ramenait de Tripoli, le samedi 5 mars, il fut d'ailleurs interpellé à l'aéroport du Bourget. Motif? L'homme d'affaires libanais transportait pas moins d'1,5 million d'euros en liquide sur lui. Remis en liberté le lendemain, une enquête préliminaire a été ouverte par le parquet de Bobigny et porte notamment sur des «suspicions de blanchiment».

Comme le rappelait le Monde, Takieddine est surtout connu pour être «au cœur des soupçons de rétro commissions de l'affaire Karachi (...) Sa société ayant été employée dans deux affaires signées à l'époque, les contrats Agosta pour la vente de sous-marins, mais aussi Sawari II, pour des frégates à l'Arabie saoudite. Il a aidé à faire transiter des fonds aux intermédiaires de ces ventes. La justice soupçonne une partie de cet argent d'être revenue en France et d'avoir servi au financement de la campagne d'Edouard Balladur en 1995».

Photo: Kadhafi au gala pour le 41e anniversaire de la révolution libyenne, à Tripoli, le 1er septembre 2010. REUTERS/Ismail Zitouny

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