Monde

Le Premier ministre turc ravive le débat allemand sur l'intégration

Temps de lecture : 2 min

Remous dans la sphère politique allemande, après le discours du Premier ministre turc, dimanche 27 février, à Düsseldorf. Devant une foule en délire de plus de 10.000 compatriotes, Recep Tayyip Erdogan a appuyé là où l’Allemagne a mal, c’est-à-dire sur la question de l’intégration.

Tout en mettant en garde contre la montée de l’islamophobie en Allemagne, Erdogan a pointé les faiblesses de la politique allemande. La Westdeutsche Zeitung citait quelques extraits du discours :

«Oui à l’intégration, a-t-il dit à son public frissonnant, mais non à l’assimilation. Nul ne saurait être capable de nous arracher à notre culture. Nos enfants doivent apprendre l’allemand, mais ils doivent commencer par apprendre le turc.»

Très vite, les propos du ministre ont provoqué le débat chez les politiques allemands, relate la TAZ.

«Maria Böhmer, chargée de l’intégration au gouvernement, a récusé les revendications d’Erdogan, en déclarant que les enfants d’origine turque devaient au contraire considérer l’apprentissage de l’Allemand comme une priorité. (…)

Cem Özdemir, chef des Verts et d’origine turque, a déclaré que l’assimilation était une décision personnelle, dans laquelle personne n’avait le droit de s’immiscer.

De son côté, Martin Schulz, chef du groupe socialiste au Parlement Européen, a recentré le débat: "Ce que fait Erdogan n’a pas grand chose à voir avec la politique allemande d’intégration, mais plus avec une propagande turco-turque".»

Erdogan avait déjà suscité la polémique avec des propos similaires lors d’un discours prononcé trois ans plus tôt.

Des annonces pour les Turcs d'Allemagne

Mais en 2011, le ministre est également en campagne électorale. En vue des élections de juin prochain, Erdogan a annoncé que les Turcs d’Allemagne pourront voter aux élections de leur pays d’origine. La TAZ explique une autre petite nouveauté annoncée par le ministre:

«Tous ceux qui ont abandonné leur passeport turc pour acquérir la nationalité allemande pourront obtenir une "carte bleue", qui fera office de carte d’identité en Turquie et garantira le droit de séjour. Ceci signifierait aussi que les Turcs devenus allemands n’auraient plus à renoncer à leur héritage dans leur pays d’origine, chose qui avait, jusqu’ici, dissuadé beaucoup de gens à faire la demande de la nationalité allemande.»

Le quotidien poursuit, en mentionnant que Klaus Wowereit, le maire socialiste de Berlin a salué ce plan, qui vise selon lui à alléger la difficile décision de renoncer à sa nationalité d’origine, et à minimiser les conflits d’identité.

Photo: Tayyip Erdogan et le général Ilker Basbug à des funérailles à Ankara, février 2010, REUTERS/Umit Bektas

Slate.fr

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