Culture

Une censure sans fin pour Dylan en Chine?

Temps de lecture : 2 min

La «tournée sans fin» («Never Ending Tour») de Bob Dylan va-t-elle subir une censure sans fin en Chine? Selon l’agence Associated Press, le chanteur a déposé une demande pour être autorisé à se produire dans le pays, où il avait été déclaré persona non grata l’an dernier.

Une information donnée avec prudence par le ministère de la Culture chinois (au cas où la réponse serait négative?) puisque le fonctionnaire qui en est à l’origine «a seulement donné son nom de famille, Zhou» et a précisé que la demande était «en cours d’examen» pour l’instant.

Le 15 février dernier, le site de fans de Dylan ISIS a publié une brève sur la tournée asiatique du chanteur où Edie Chen, un dirigeant de la société taïwanaise Very Aspect Culture Group, expliquait qu’il jouerait «à Taïwan, Hong Kong, au Vietnam et au Japon», mais qu’il ne savait pas encore «avec certitude s’il jouerait en Chine», où il est annoncé pour les 6 et 8 avril. Selon AP, «les dates n’ont pas été mentionnées sur le site officiel de Dylan, provoquant des spéculations autour d’un éventuel problème de censure».

En 2010, Dylan avait dû, a priori en raison de son implication politique dans le mouvement des droits civiques en 1960, annuler sa tournée en Chine, la première de sa carrière, pour laquelle des concerts étaient prévus à Pékin et Shanghai.

Un échec qui l’avait incité à annuler l’ensemble de sa tournée asiatique et que The Guardian, qui avait révélé l’information, avait notamment attribué à «l’incident Bjork»: en 2008, à Shanghai, la chanteuse islandaise avait chanté «Tibet! Tibet!» après un morceau appelé Declare Independence. En 2009, c’est Oasis qui avait été déclaré indésirable en Chine du fait d’une participation de Noel Gallagher à un concert en faveur du Tibet en 1997.

Analysant l’an dernier la décision des autorités chinoises, un ancien diplomate britannique, Tim Collard, expliquait dans The Telegraph que celles-ci n’avaient pourtant sûrement pu «rien» trouver dans l’oeuvre de Dylan qui fasse allusion à leur pays, à l’exception de la phrase «Don’t keep me knockin’ about, from Mexico to Tibet» («Cesse de me trimballer du Mexique au Tibet»), sur la chanson d’amour True Love Tends To Forget, sur l’album Street Legal de 1978.

Il attribuait avant tout cette censure à la chanson The Times They Are A-Changin’ et à sa phrase «Your sons and your daughters are beyond your command» («Vos fils et vos filles sont au-delà de votre autorité»), encore «beaucoup trop forte pour une société patriarcale comme la Chine». Celle-ci changera-t-elle d’avis cette année?

Photo: Bob Dylan aux Grammy Awards 2011. americanistadechiapas via Flickr CC License by.

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