Monde

Le directeur de la LSE démissionne à cause de ses liens avec le fils Kadhafi

Slate.fr, mis à jour le 04.03.2011 à 12 h 34

Le directeur de l'université de la London School of Economics a démissionné à la suite de révélations sur les liens économiques entre la LSE et la Libye, et plus particulièrement le financement de 2,2 millions de livres (2,5 millions d'euros) par la Libye d'un programme visant à former des jeunes libyens à l'université anglaise pour qu'ils deviennent l'élite du pays.

Une enquête est en court pour examiner de plus près les liens entre la LSE et la Libye, rapporte The Guardian, notamment avec l'un des fils de Mouammar Kadhafi, Saif al Islam Kadhafi, qui a fait ses études dans l'école. L'enquête établira des règles pour les dons internationaux à l'université.

Dans les mots du directeur de la LSE Howard Davies:

«J'ai décidé qu'il serait juste que je démissionne même si je sais que cela causera des difficultés à l'institution que j'aime. Pour faire court, je suis responsable de la réputation de l'école, et celle-ci a souffert.»

Parmi les différents points de l'enquête menée sur la LSE, on compte notamment un paiement de 50.000 dollars (36.000 euros) fait à l'université après que Davies a donné des conseils au fonds souverain libyen en 2007.

Davies a estimé qu'il avait eu tort d'accepter l'argent libyen:

«Prendre des financements de sources associées à la Libye impliquait des risques, et ces risques auraient dû peser plus lourd dans la balance.»

Dans une interview à la BBC, Howard Davies a estimé avoir fait «deux erreurs de jugement»: recommander à l'université d'accepter une donation de la fondation de Saif al Islam Kadhafi, et partir conseiller économiquement la Libye. Mais il affirme en revanche que ce n'était pas une erreur d'avoir proposé de former des membres du gouvernement libyen, et dit que l'indépendance générale de l'école n'avait pas été remise en question.

Une enquête interne examine également la thèse de Saif al Islam Kadhafi, qui appelait à davantage de démocracie et critiquait les gouvernements qui étaient «autoritaires, abusifs et non représentatifs». Il est aujourd'hui soupçonné d'avoir plagié plusieurs passages de sa thèse. Un site a même été créé, qui propose aux internautes de poster les passages supposément plagiés ainsi que ceux les oeuvres originales auxquels ils auraient été empruntés.

Photo: Saif al Islam Kadhafi, le 5 mai 2010. REUTERS/Amr Abdallah Dalsh

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