Monde

Medvedev veut changer le nom et les méthodes de la police russe

Slate.fr, mis à jour le 03.03.2011 à 14 h 55

Le 7 février 2011, le président russe Dmitri Medvedev a fait signer une loi annonçant le changement de nom de la police russe, de «milice» (militsia) à «police» (politsia). Cette loi devrait être promulguée ces premiers jours de mars, et servir à effacer des mémoires la trace d'une milice soviétique tristement célèbre pour ses frasques.

Les officiers de police se verront interdire la torture et l'humiliation de prisonniers, à qui l'on lira dorénavant leurs droits; ils auront de plus l'obligation d'obéir aux ordres de leur supérieur sans les discuter, ce qui, selon la Radio Free Europe / Radio Liberty, limitera les risques de policiers discutant ouvertement des problèmes de corruption.

Si cette mesure peut être vue comme une attaque directe envers Aleksei Dymovsky, qui avait dénoncé cette corruption à travers une vidéo postée sur l'Internet, elle n'est pour l'instant pas considérée comme une révolution par les articles de Radio Free Europe / Radio Liberty et Ekaterinburg, qui considèrent qu'il en faudra beaucoup plus pour changer les méthodes d'une police corrompue et imbue de ses pouvoirs, comme le prouvent à la fois le saccage d'un supermarché par le major Denis Yevsyukov, énervé (4 morts), ou ce meurtre d'un employé de déneigement par un policier hors-fonction, comme le racontait ici-même la journaliste Nathalie Ouvaroff.

Selon Arkady Murashev, qui fut à la tête de la police moscovite peu après la chute de l'URSS, « le 1er mars la police changera de nom. Mais la “police” fonctionnera aussi mal que la “milice”. […] La seule chose qui changera, continue-t-il, c'est que la centralisation sera plus importante, en particulier financièrement —l'argent sera pris des régions et transféré au ministère de l'Intérieur, qui attendait ce moment depuis plusieurs années». L'an dernier, seuls 19% des Russes croyaient que la police pouvait changer, selon un sondage conduit par le centre indépendant Levada.

Cette décision est une nouvelle étape dans la passe d'armes opposant Vladimir Poutine, l'ancien président devenu Premier ministre, et Dmitry Medvedev, qui tente de fédérer l'opinion publique autour de ses réformes face au déterminisme froid de Poutine.

Photo: St. Petersburg - Police Car / roger4336 via Flickr, CC-Licence-by

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